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Commentaire de Wang PI

sur Syndicats : chronique d'une mort annoncée


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Wang PI 21 novembre 2007 01:23

Bonsoir Morice, ou plutôt bonjour,

Merci pour l’intérêt que vous avez porté à mon article.

Je sens beaucoup de colère, d’émotion et de révolte dans vos propos Morice. La période actuelle est tellement essentielle pour tous, syndicalistes militants comme représentants gouvernementaux, que je le comprends bien aisément. Pour autant, non Morice, je ne reprends pas de thèse particulière, je me contente d’exposer, bien peu clairement il semblerait, la mienne. Tout en m’efforçant de n’être l’homme d’aucun bord.

Ainsi, je ne prétends pas que le militantisme syndical, force vive et indispensable à toute démocratie, (cette “prise de conscience” si essentielle) ait “baissé”. Je dis, en empruntant quelque peu à Durail, que je remercie pour sa contribution à ce fil, que le morcellement du syndicalisme est, selon mon humble avis, un facteur de faiblesse dans le contexte actuel.

Morice, ainsi que vous le rappeliez, “l’aigreur n’amène rien de bon en politlique”.

Aussi, jetons bas les clichés dont la seule puissance est celle de l’absence de signifié et imaginez un instant que les syndicats, qui eurent la même campagne électorale que celle que vous et moi avons vécu, aient annoncé, au lendemain de l’élection présidentielle, leur regroupement au sein d’un mouvement à l’organisation différente (par branches par exemples). Dès lors de deux choses l’une : la Candidate avait gagné l’élection présidentielle et dans le sillage de sa démarche de démocratie participative, elle bénéficiait d’une interface rêvée pour recueillir les attentes des militants et entretenir avec eux le dialogue social. Où alors, et c’est ce que les urnes ont décidé (je n’écris pas pour applaudir tel ou tel), c’est le Candidat qui était élu. Imaginez alors le colossal retentissement médiatique qui aurait accompagné l’annonce d’une telle réorganisation des syndicats ! Car quoi, en face d’un homme à la ligne “décomplexée”, une structure forte de sa cohérence, de son nombre et parlant au nom d’une masse soudée avec un objectif de progrès social commun...

Dans les deux cas de figure, il me semble que l’inclinaison de l’Histoire plaidait pour cette réforme “à l’allemande”. Soyez assuré que je n’y place aucune idéologie. J’essaye, au risque de vous sembler insistant, de décrypter la situation.

C’est donc pourquoi, je dis qu’au soir du 6 mai, les syndicats sont morts. Non que je considère que le militantisme soit une chose dépassée, bien au contraire. En revanche, Morice, je suis sincèrement convaincu que les syndicats dans leurs formes actuelles appartiennent à une autre époque. Et vous-même me semble-t-il, le ressentez intuitivement lorsque vous parlez de “lot de nouveaux combattants”, de “prémisses d’un changement surprenant” et surtout “d’autre forme ... de syndicalisme”.

Pour le reste Morice, vous avez raison : “7 jours de perte de salaire, c’est balaise”. Mais, une fois encore, mon intention n’est pas de dire que tel ou tel à raison. Je ne souhaite pas que cela me regarde, J’examine, je réfléchis et je ne puis m’empêcher de me dire que l’issue du conflit est inéluctable. Syndrome de Cassandre ? Pessimisme ? Clairvoyance ? Je ne le saurai que plus tard.

Pour conclure, Morice, outre vous remercier de votre patience pour être parvenu au bout de cette réponse, il me reste à vous dire qu’il y a trois choses en ce bas monde dont je ne puis douter : 1 - il m’arrive de lire bien d’autres journaux que Le Figaro, 2 - je ne voue aucune “gloire” à aucun “héros des pontons vernissés” et 3 - ... l’aigreur n’amène décidément rien de bon en politique.

En espérant avoir dissipé un malheureux malentendu,

Bien cordialement,

Wang PI


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