Ta bonne foi est d’autant plus méritoire qu’elle paraît reposer sur une
affectio societatis belge. Tu n’es certes pas seul en ce cas. Mais, très
certainement minoritaire. Comme l’obervent, marris, les tenants d’un
référendum d’appartenance à la Belgique, l’une de ses régions, ou l’un de
ses Etats, il fait peu de doute que la majorité se dégagerait, sur
l’ensemble du corps électoral, en faveur du maintien de la Belgique. Gare
cependant à réitérer la consultation sur la « question royale ».
65% de Wallons, 70% de Bruxellois et 35% de néerlandophones, rapportés à
un corps électoral unique, nous démontrent la volonté de vivre ensemble de
la Belgique. Bien inutilement puisque les Néérlandophones le refusent cet
exemple inspiré de plusieurs sondages. Particulièrement vicieux en telle
matière, la prise en compte des votes individuels se révèle destructrice.
D’une part, la constitution ne reconnaît aucunement le référendum ;
d’autre part, il contredirait la voix des urnes. Enfin, il ne fait aucun
doute, au vu de« l’attachement des partis nationalistes » qu’ils ne
pourraient se satisfaire de semblable sanction populaire.
La dichotomie est aujourd’hui telle entre les communautés que l’on se
surprend à douter qu’une poignée de partis - essentiellement de droite -
croient encore à la formation d’un gouvernement unitaire. Certes, ces
droites font montre de réalisme face à un endettement national frisant
envore 84% du PIB. Pas plus que leurs aversaires de « gauche », ils
n’ignorent que la sission coûtera quelques points de base à cette dettte.
Ce qui, selon les spécialistes obligataires, se révélerait purement
cosmétique.
Cet adjectif, selon nous, sera réservé à la dette de l’Etat fladrien en
devenir ; le masacara pèsera bien plus lourd sur la dette wallonnne. Quant
à Bruxelles, à défaut d’une révision fondamentale de sa base taxable, elle
est promise à très court terme à la faillite. Sauf à satisfaire ses très
chers amis flamands qui l’ont élue comme capitale et déverserait sur elle
une manne aussi inattendue que bienvenue. Laquelle de ces trois nouvelles
entités osera, la première, poser la royauté sur le billot ? Pour l’heure,
le couple infernal DD&V-NVA tient la corde de la guillotine symbolique..
Qu’aurait-il à faire d’un symbole unitariste quand il hurle volontiers avec
le vlaamse B, « Belgïe Barst ». Si cette Belgique n’est pas encore totalement
à l’agonie,ce n’est certainement pas à la formation du formateur, ni à la
désolante absence de créativité de celui-ci qu’elle le doit. Etonnamment,
bien que tactiquement compréhensible, le parti socialiste flamand,
hyper-minoritaire en voix, demeure, de toutes les familles politiques la
plus en retrait. Faut-il y voir une idéologie, charpentée par quelques
intellectuels de haut vol, qui n’ignorent point que leur courant de pensée
aurait tout à perdre l’implosion de la Belgique ? Le parti socialiste
francophone, nettement plus costaud quand bien même les libéraux se
prétendent première force de wallonie, n’a que faire de jouer les
utilitésdans un « dialogue » de communauté à communauté. Profilé comme
formation de gouvernement, ce qu’il est assurément en Wallonie,à Bruxelles
et en Communaut& feançaise, pourtquoi servirait-il de larche-pied àson
ex-allié libéral. Plus et mieux, au travers de l’Internationale socialiste,
le PS conserve ses puissants relais tant à la Communauté européenne, qu’à
’lOMC et au FMI. Il suffit de se pencher sur les hoquets d’une France plus
que jalmais droitière pour comprendre que le PS belge n’entend nullement
jouer les utilités dans le poto-poto belgo-belge. L’heure viendra, après
une maturation dont la longévité désespère, où le PS fera fi de la
mélancolie qui l’affaiblit au travers des « affaires » pour enfin dire quelle
Belgique il souhaite. Les dents risquent de grincer sous l’apport
appparemment humble mais radical face au devenir de l’ex-Belgique