Bonjour.
Avant de parler des comportements des médias vis-à-vis de la langue amazigh... Faisons un détour.
1- La question des identités nationales au Maghreb (Tunisie, Algérie et Maroc surtout) se pose avec acquité. En effet face à la généralisation de l’utilisation de la langue arabe (UTILISATION dans les sphères institutionnelles et les systèmes éducatifs) qui passe pour un relent de la décolonisation (défrançaisisation Oups ! pour ces trois pays) est en réalité une dérive fourvoyée vers l’ARABISATION (troc d’identité locale dans un grand ensemble). Soit une recolonisation drainée et soutenue par la religion musulmane profondément -avec un entrisme militant- squatté par l’islamisme, c’est à dire l’islam politique et le projet de société qu’il véhicule. Puisque la langue arabe est dite ouvertement celle du Coran.
La (les) société(s) amazighes sont majoritairement musulmanes et l’intrusion dans cette religion de l’islam politique (un nationalisme religieux, violent, fondamentaliste et antidémocratique) compliquent l’appréhension du culte religieux par des peuples, dans le monde entier, croyant en Allah.
Donc d’une religion on en impose la langue qui lui est unique support. Il faut se souvenir des réactions aux moments des premières traductions du coran.
2- Les militants berbéristes sont encore loin de servir la cause qu’ils représentent. Aucune proposition (au sens de projet) claire de valorisation de la langue amazighe n’est connue ou visible. Même la perpective est carrément inexistante. Du moins à mon humble connaissance, malgré ma quête effrénée de telles lueurs.
Que font-ils pour créer un répertoire des textes berbérophones. Il n’est pas encore permis de rêver de traductions des oeuvres universelles à cette langue qui reste de loin un dialecte orale avec lequel on peut chanter, jouer du théâtre et surtout VERBALEMENT faire des discours politiques.
D’ailleurs la culture berbère dans son ensemble est un instrument politique, entre les mains d’oppositions en mal de posséder des projets idéologiques. Les politiciens s’en servent, chacun dans son intérêt... Et justement versent gégéralement dans le clanisme, le régionalisme et d’autres vices d’infantilisme politique.
3- Quelqu’un avant moi dans ce forum a soulevé la question de l’alphabet, des signes d’écriture.
Eh ! Oui ! Nous sommes loin de prétendre lire un roman en langue berbère, pourtant l’identité amazigh est défendue becs et ongles pour des ambitions de pouvoirs.
4- Les médias tentent de trouver réponse, que cela déplaisent à la manipulation de la question. En effet, en Algérie par exemple la chaîneII (2) de radio est exclusivement en langue berbère. Mais comme les retards sont gigantesques, pas de littérature et encore moins d’académie linguistique créative et dotée de programme de travail harmonieux (avant une réelle ambition), ce genre de strutures médiatiques, n’est autre qu’une caisse de résonnance de toutes les visions étriquées qui trouvent dans le problème identitaire un point d’ancrage. Histoire de manipuler les berbérophones dans des démarches de prise ou de partage des pouvoirs dans le Maghreb.
Donner (ou créer) toute une armada médiatique à des pitres qui ne font rien pour développer l’amazighité, qui tournent dans le vide culturel et qui sont démunis du meilleur des projets....
C’est revendiquer de placer un bébé à la tête (par exemple) de la Nasa, d’un pays ou d’un établissement qui dépasse ses capacités...
Alors il faut un travail d’optimisation du projet de l’amazighité pour qu’il aille à remettre en place les identités nationales authentiques parmi lesquels celui des expressions linguistiques diverses et qui existent au Maghreb.
Cordialement. N.E. Tatem, militant culturel. 