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Commentaire de Michel Maugis

sur Quand le Venezuela donne une leçon de démocratie à l'Union européenne


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Michel Maugis Michel Maugis 7 décembre 2007 21:17

@ronchonnaire.

Vous ronchonnez de trop !.

« Remettons un peu les choses dans leur contexte. »

Ou mieux : Sortons les de leur contexte, comme vous êtes en train d’essayer de le faire.

« Premièrement, le texte initial n’était pas une Constitution (une Constitution définit un Etat souverain ou une fédération d’Etats, ce que l’UE n’est pas). »

Vous énoncez votre prémisse qui est manifestement fausse. Le texte avait bien un caractère constitutionnel, et donnait un caractère souverain, au-delà de la souveraineté des états le constituant, aux décisions qu’auraient prise cette UE.

Et la définition de la souveraineté de l’état n’est certainement pas ce qui caractérise une constitution, loin de là. C’est parce que cette souveraineté existe et est antérieure, que le pays ou pays concernés peuvent écrire leur constitution qui n’a donc pas pour but de la définir.

« L’erreur majeure a été de présenter ce texte comme tel. »

Ce qui en clair veut dire que l’erreur est de n’avoir pas essayé de tromper le peuple français en présentant le traité comme non constitutionnel.

Sachez bien que si les entreprises multinationales européennes, les véritables auteurs du traité constitutionnel à travers leurs laquais nationaux, avaient pu faire passer ce texte comme un vulgaire traité de on ne sait quoi mais pas constitutionnel, ils l’auraient fait allègrement et sans scrupule.

Et à partir de maintenant, de votre prémisse fausse, vous allez tourner en rond en raisonnant à partir de cette prémisse fausse.

« Il s’agissait simplement d’un nouveau traité, écrit dans un langage très technique auquel la plupart d’entre nous n’a rien compris. C’est d’ailleurs aussi le cas du nouveau texte. »

Un traité de quoi exactement ? De Chimie, de Physique ? On aurait pu croire qu’à cette hauteur de votre exposçe vous nous l’auriez dit. Neni.

« soumettre un document technique à référendum fut une seconde erreur. »

Seulement si c’est un document que technique et non constitutionnel. Or tout texte constitutionnel est aussi forcément technique.

« Quoi qu’en disent les »démocrates« , je maintiens que nous n’avions pas à voter sur ce document, pour les raisons évoquées ci-dessus. »

Vous avez le droit d’insister sur votre prémisse fausse, mais cela ne vous donne certainement pas le droit d’insinuer que ceux qui ne sont pas d’accord avec vous ne seraient que des « démocrates ». Vous ont-ils accusé de ne pas l’être ?

« Je ne vois donc pas pourquoi nous obligerions nos dirigeants à commettre la même erreur une seconde fois. »

Vous tournez toujours en rond. Cet argument ne peut être valable que si seulement il est établi que la première fois était une erreur. Or vous ne l’avez pas encore démontré, vous affirmez, donnez votre opinion.

« Troisièmement, la démocratie directe (référendum) n’est qu’un moyen d’expression parmi d’autres. »

Un référendum n’est pas la démocratie directe, et n’est certainement pas un moyen parmi d’autre de son expression. La démocratie est unique ; c’est le pouvoir du peuple, par le peuple et pour le peuple dans lequel aucune couche de la population est exclue.

Ce qui n’est pas le cas dans nos démocraties bourgeoises, parlementaires ou non.

Notre « démocratie » n’est pas parlementaire puisque le parlement n’est pas une représentation fidèle du peuple dans toutes ses composantes sociales. C’est une démocratie bourgeoise parlementaire. Elle a autant de légitimité démocratique que celle de Périclès dans laquelle 80% du peuple n’avait pas droit à la parole. Il est vrai que l’élite de l’époque affirmait en toute sincérité que ces 80% n’était pas le peuple, par définition. Ce n’était que des esclaves, des métèques, des femmes. L’adjectif bourgeois permet de comprendre le sens du qualificatif parlementaire, sans tricher.

« Leur ôter cette légitimité, voilà le vrai déni de démocratie, doublé au passage d’un manque de respect flagrant envers tous ceux qui les ont élus. »

C’est une accusation stupide et infondée. Aucune légitimité a été enlevée aux députés car ils n’ont jamais été élus pour approuver une constitution. Encore une fois vous tournez en rond sur votre prémisse fausse. Le texte était et est toujours bien constitutionnel.

« Quatrièmement, les référendums que vous citez en exemple (Venezuela de Chavez, URSS de Staline, Chine de Mao) sont le résultat de mon troisième point : ces pays ne sont pas des démocratie parlementaires et doivent donc avoir recours à la démocratie directe pour obtenir l’avis (et l’aval) du peuple. »

Dans tous ces pays un parlement existe. Et un parlement, sauf s’il a un caractère constitutionnel, n’est pas habilité pour approuver une constitution. Donc, si ces pays ont eu recours à un référendum pour faire approuvé une constitution, ce n’est pas parce qu’ils étaient comme vous dîtes « pas des démocraties parlementaires ».

« Je passe sur le fait que vous citez en exemple 3 pays socialo communistes dirigés par 3 grands humanistes devant l’éternel, signe de votre grande impartialité. »

Le Venezuela n’est pas un pays « socialo communiste » ni la Chine ni l’URSS d’ailleurs. Ces deux dernier pays sont, ou ont été ce qu’ils disent être ou avoir été, des pays socialistes. Qu’ils aient été gouvernés par un parti communiste ne change rien à l’affaire. D’ailleurs, ce qui établit votre partialité manifeste, est que le Venezuela actuel n’est pas gouverné par le PCV.

Quant aux « grands humanistes devant l éternel » cela n’a rien à voir avec le sujet et établi votre impartialité manifeste et votre intention bien réelle que vous reprochez à tort à l’auteur de l’article en disant dans un autre commentaire :

«  Désolé, mais si on ne peut plus discuter tranquillement sans avoir droit systématiquement aux leçons de morale grandiloquentes, à coup de grands principes tous plus pompeux les uns que les autres, autant s’arrêter là. »

« Bizarrement, nous avons entendu très peu (voire pas du tout) de partisans du TCE s’élever contre la procédure démocratique choisie pour soumettre le nouveau texte au vote. »

Si c’est vrai, alors comme c’est bizarre en effet !! Reconnaissez qu’exiger un référendum ne fera que renforcer le caractère démocratique du texte, même s’il n’était pas constitutionnel. Peut être que votre remarque ingénue ne fait que souligner le caractère moins démocratique de ceux qui l’acceptent, ayant peur qu’il soit refusé par référendum. Avec le corollaire que ceux qui le refusent le sont plus en acceptant et prenant le risque qu’il soit accepté par référendum.

« Le débat actuel sur le procédé soi-disant non démocratique choisi pour adopter le nouveau traité n’est donc qu’un prétexte pour continuer le débat sur le traité en tant que tel. »

Il n’y a jamais eu de débat vraiment démocratique sur ce traité constitutionnel et antidémocratique, raison pour laquelle vous voulez qu’il soit adopté de façon non démocratique, par voie non référendaire.

Mais, en l’occurrence il suffirait que ceux qui sont d’accord avec ce traité acceptent qu’il soit adopté par référendum pour éliminer votre argument et donc le débat. Si débat à donc lieu, c’est tant mieux, et grâce à ceux qui refusent le référendum.

« La preuve : je suis moi-même très favorable à ce texte (je pense que vous l’aviez compris) et j’ai donc fait preuve d’une incommensurable mauvaise foi au cours de ces quelques lignes pour en justifier l’adoption. »

On ne saurait mieux conclure, comme preuve.

Michel Maugis


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