Revoila le serpent de mer pour mieux vivre en région parisienne. L’idée peut paraître séduisante mais il n’est pas nécessaire de changer les structures. Pour cela un soucis du bien commun et non des intérêts particuliers, électoraux, de nos élus locaux et régionaux devrait être tout aussi efficace et moins coûteux.
J’ai participé, fin des années 80 et début des années 90, aux travaux du SDAURIF, l’ancêtre du SDRIF -on change l’emballage mais le contenu reste le même- pour les départements de la Seine St Denis, le Val d’Oise et la Seine et Marne. Nous avions déterminé les besoins d’investissements pour les 15 années à venir : hôpitaux, école, transports, logements, police etc.....
Le SDAURIF, comme le SDRIF, n’ayant aucun caractère obligatoire, qu’ont fait nos élus, pour le moins dans les domaines que je crois connaître ?
Le tramway de Paris, qui ne figurait pas dans les propositions, il n’était pas prioritaire et ne l’est toujours pas.
Le prolongement de la ligne 14 au sud, quand les besoins sont au nord pour soulager la ligne 13.
La création sur la ligne D d’une nouvelle gare pour desservir le stade de France et la zone de bureaux proche, alors qu’elle était nécessaire au nord de St Denis, le renouvellement de la gare de La Plaine pour desservir le stade de France, et enfin le stade de France qui ne figuraient pas au SDAURIF.
Les besoins en infrastructures de transport étaient considérables. Les banlieusards savent que rien n’a été fait, retards, incidents sont quotidiens. Le service sur la ligne 13, même aux heures creuses est un scandale. Rien n’a été fait sur cette ligne depuis son ouverture et son prolongement sur les deux branches, St Denis et Gennevilliers, n’a fait qu’aggraver le problème en augmentant la demande. La 14, ligne prestige de la RATP, est, comparativement vide. Il ne fallait pas un Gross Paris, pour choisir le bien commun, puisque le tronçon qui pose problème se trouve sur le territoire de la ville de Paris.
Les besoins de construction de logements étaient tout aussi considérables. Je ne me souviens plus du chiffre, mais il y avait 5 zéros me semble-t-il. Je me souviens des responsables de la DDE, ils étaient chargés de la synthèse des travaux, appuyant sur le ventre des élus locaux pour obtenir les réserves foncières nécessaires. Je pense que la troisième crise du logement en France depuis la libération montre que rien ou pas grand chose n’a été fait pour loger une population en pleine croissance. J’ai, par contre vu fleurir les zones commerciales, cela rapporte peut-être plus que des logements sociaux.
Le Gross Paris aurait résolu le besoin de logements ? J’en doute puisque le maire de Paris qui avait réussi, pour l’organisation des jeux olympiques, à trouver des terrains et des financements, ne peut plus construire aux Batignolles et n’a plus de fric. En France, et pas seulement en Ile de France, on trouve toujours ce qu’il faut pour l’élite du sport. Il y avait dans le dossier des jeux du petit Paris, la construction de logements, la constuction de lignes de tramway, des améliorations de la ligne 13. Paris a perdu les jeux, on punit les habitants puisqu’il n’y a plus de fric pour réaliser les investissements collectifs qui étaient nécessaires aux jeux mais aussi à la population.
Ce qui m’inquiète dans un grand Paris soutenu par Delanoé, c’est la différence qui existe entre son discours et ce qu’il fait réellement. Prenons quelques exemples.
Les sans abris. Les différentes manifestations organisées par le DAL et les Don Quichotte ont montré que Paris, j’ai bien dit Paris, manquait de logements d’accueil. Ils sont logés dans des hôtels borgnes, insalubres par la ville de Paris. Pas tous, puisque le trés socialiste maire de Paris, les expédie en proche banlieue dans des résidences hôtelières. La ville de St Denis vient d’en recevoir une certaine quantité. La ville et le département doivent faire face, bien entendu, aux dépenses sociales de ces familles ; L’arrivée dans un quartier d’une soixantaine d’enfants à scolariser n’est pas simple dans une ville de moins de 100.000 habitants.
On ne peut organiser Paris plage et supporter les sans abri et il faut bien reconnaître que la ville de St Denis et la Seine St Denis roulent sur l’or et ne connaissent pas la mixité.
Le tramway de Paris. Il a été construit en dehors de toutes les règles d’engagement des équipements collectifs dans notre pays et en Ile de France. Delanoé et les verts, pour avoir LEUR tramway, écologie oblige, ont littéralement commis un hold up sur les fonds du STIF, l’autorité responsable des transports collectifs en Ile de France. Le passage en force du maire de Paris a fait reporter de plusieurs années des investissements indispensables eux. Le maire de Paris a déclenché un processus irréversible qui hypothèque l’avenir de certains investissements nécessaires à une population plus populaire, il faudra bien le continuer ce tramway.
Les grandes idées de Delanoé sur la construction de tours à Paris et/ou dans la banlieue proche semble également un moyen d’hypotéquer la construction de logements sociaux sur le peu de terrains encore disponibles. Socialiste oui, mais de prestige, reconnaissons tout de même que son successeur, si successeur il y a, suivra la même politique. Du social oui, mais chez les autres.
C’est pour cela que je suis opposé à un Gross Paris, qui se traduira par la naissance d’un cacique aux pouvoirs trop importants. Pauvres de nous qui vivons à St Denis, à St Ouen, à Paris le bon, à nous le reste.