Bonjour Bernard et Taverne,
D’abord à l’attention de Taverne, vous n’êtes pas un administratif comptable et inhumain... Vous le saviez, ceux qui méritent ce qualitif sont extrêmemnt nombreux et autrement indifférents à d’autres qu’à eux mêmes et leurs consorts...
Mais reconnaissez cependant que Marini et Charasse sont de tristes sires qui ne méritent pas qu’on s’étende longuement sur leur cas... et ce sont des comptables et des juristes chevronnés, c’est le moins qu’on puisse dire...
Je vous suis reconnaissant Bernard d’avoir attiré l’attention de manière aussi argumentée et virulente sur la question.... beaucoup de chemin reste à faire...
Sur France Culture ce matin, dans l’émission l’Esprit Public où la gauche n’est plus du tout représentée (sauf par CHAUVEL , invité ce matin pour expliquer l’absence de mobilité sociale en France, record du monde en la matière, rentes de situation pour des dynasties, on entre et on ferme la porte derrière soi, renvois d’ascenseur, réseau xde solidarité entre privilégiés...), plusieurs participants (Michaud et Bourlanges je crois)ont à ma surprise admis schématiquement qu’on aurait pû et dû supprimer l’héritage lorsque l’occasion s’en est présentée (bien sûr avec des aménagements et des nuances) : en Mai 68... ils on aussi évoqué l’immense indignation des entrepreneurs Américains exaspérés par les dispositions en faveur de l’héritage mises en place par Bush qui permettent à n’importe quel incompétent d’hériter de l’entreprise de ses parents souvent pour le pire et sans mérite...
C’est en France que la reproduction des élites est la plus ridiculement constante (tout est joué au lycée disaient-ils) même si elle est relativement performante sur le plan économique... Le concours à 21 ans fige tout définitivement... et ses crirères selon Chauvel sont des réponses fermées à des questions fermées... Aucune créativité, pensée personnelle n’est requise... C’est le côté « chien savant » qui l’emporte...
Pour en revenir à notre sujet, il y a trop peu de temps que la perte d’autonomie en particulier liée à l’âge, bien sûr aussi au handicap étaient encore entièrement prise en charge par la famille (ou les proches)...
Progressivement, il a fallu payer « quelqu’un » puisque désormais, on ne vit ni sous le même toît ni dans le même département que nos parents ou nos enfants.... les femmes travaillent en France plus qu’ailleurs et tant mieux lorsque cela est choisi ou structurant...
Aussi le choix n’a pas encore été totalement décidé ou arrêtée de la part de dépense « autonomie » à attendre de la part de la famille, et celle de la part de la collectivité. Le système se cherche... Pour la santé on espère que cela ne régressera pas trop...
Pour l’école, je ne suis pas opposé au système NZ ou Australien, Uk également où on demande aux professionnels bien rémunérés (très aisés selon moi) de rembourser une partie de leurs études dès lors que leurs moyens le permettent - si ces moyens décroissent, ils interrompent le remboursement.... En règle général en France, ce sont bien ceux dont les parents sont les plus aisés à qui la collectivité et donc les moins aisés aussi, paient les études les plus chères... et les plus rémunératrices... (quand ils ne sont pas payés pour étudier , Norm Sup, Polyt etc...)
Dans l’absolu, le manque d’autonomie pourrait être pris en charge comme la santé, sans récupération des dépenses auprès de la famille. Ce sera peut être le cas un jour, si les moyens le permettent... mais ce n’est pas demain la veille...
Il est certain qu’actuellement les héritages, le patrimoine etc compliquent la mise en place d’un système équitable... Les détenteurs de gros patrimoines (ou portefeuilles financiers) ont pris de mauvaises habitudes et ne lâcheront pas facilement le morceau... Auront ils seulement l’envie de rembourser partiellement une école prétendument « gratuite » ? Ils auront la fausse impression de payer 2 fois...
En Angleterre, des chômeurs considérés comme« inemployables » (le terme me choque) sont « recrutés », rémunérés (très faiblement) pour se rendre chez leurs leurs parents et s’en occuper...
Le pb est complexe, les enjeux financiers sont énormes avec des péréquations nécessaires, la prise en compte des disparités (géographique, individuelles, vie et travail pénible, différences dans l’espérance de vie, comme pour les retraites... le chômage, le RMI...)
J’ai l’habitude de dire que l’école pour tous n’a que 150 ans et a beaucoup de progrès à faire,l’APA est 10 fois plus jeune !
Bien cordialement...
Marc P