Si la première tranche de Paris Rive Gauche m’avait beaucoup déçu, je trouve par contre les constructions plus récentes, du côté de la nouvelle fac, très réussies, et je ne suis pas le seul. Beaucoup de mes amis, même s’ils n’ont pas fait d’études d’architecture, apprécient la construction moderne, quand elle fait preuve d’inventivité et de poésie.
Par contre, comment peut-on parler d’authenticité concernant le Plessis-Robinson ? Tout n’est que faux comble brisé, fausses fenêtres à petit bois, faux pan de bois, façade en béton. Qui plus est, comment concilier les normes actuelles (largeurs de portes entre autres) avec les proportions d’autrefois ? Tout ce faux s’effritera un jour, retirant à ses habitants le sens de leur propre existence.
Contrairement à ce qu’on raconte ici ou là, la nouvelle architecture, quand elle est de qualité, n’est pas monotone, ne dit pas adieu à la rue, ne fait pas dans l’esbrouffe facile.
Alors qu’elles glorifient nos petits villages et nos vieilles villes, les mêmes personnes trouvent tout à fait normal de détruire un immeuble de l’intérieur, confiscant à jamais un escalier comme on ne sait plus en faire, détruisant des espaces et des décors d’époque. Mais on s’en fout n’est-ce pas ? Ce qui compte, c’est la façade, même si elle ne correspond plus à rien !
De même elles se permettent de confisquer le pittoresque de demain en démolissant ce qui fait l’attrait de quartiers des années 60-70 (Evry-Courcouronnes, Saint-denis, Beaugrenelle, en sont de bons exemples) : Passerelles, passages, béton brut patiné comme de la pierre. Allez hop ! un coup de bulldozer ! Un coup de peinture !
Pourquoi comparer ce qui n’est pas comparable ? Croyez vous qu’à l’époque où ces faubourgs qui vous plaisent tant furent construits, on était soucieux de leur pittoresque ? Laissons les constructions modernes devenir le pittoresque de demain, à leur rythme.
Je suis assez outré de voir des architectes reconduire des préjugés, par peur de faire leur métier :
Sublimer les attentes de son client ou du futur utilisateur, et pas seulement répondre littéralement à une demande vite périmée.