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Commentaire de gdm

sur Distribution des richesses et pauvreté


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gdm gdm 4 mars 2008 22:02

@Patrice de Crémiers

L’inégalité des revenus et des richesses a été importante à toutes les époques et dans tous les pays. Comme vous l’évoquez justement, il semble exister une sorte de loi de Pareto, dite loi des 80-20, qui conduit à ce que 80% des richesses sont souvent entre les mains de 20% d’une population. Je ne vois pas d’utilité à aller chercher une comparaison avec d’hypothétiques statistiques patrimoniales de la France du 18eme siècle.

Vous tentez de voir dans cette dispersion de richesse et de revenu, une modélisation semblable aux lois de la thermodynamique. Vous évoquez ainsi l’entropie, mot savant donnant une mesure du désordre dans les systèmes thermodynamiques. Or l’existence d’une telle mesure est contestable pour une société humaine. Les biologistes ont abandonné depuis longtemps la tentation de mesurer l’information ou le désordre des molécules ou de l’ADN avec le concept d’entropie(cf Altan, le cristal et la fumée). Lorsque vous parlez de maximisation de l’entropie d’une société humaine prise dans son ensemble, vous prenez des risques méthodologiques trop importants, risques qu’un sociologue n’oserait pas prendre.

Cet arsenal thermodynamique ne me semble pas indispensable pour résumer votre affirmation de bons sens, à savoir que les propriétaires reçoivent une rente proportionnelle à leur patrimoine, arrondissant ainsi leur patrimoine. Et les autres reçoivent des revenus proportionnels à leur travail et peuvent difficilement épargner.

Vous passez un peu vite à l’existence d’une "classe dirigeante". C’est votre deuxième erreur méthodologique. Un sociologue vous rappellerait que, pour chaque étude sociologique, il convient de redéfinir des catégories socioprofessionnelles spécifiques à l’étude en cours. Sinon, l’étude est fondée sur des données sans précision, sans pertinence. Nulle conclusion pertinente ne peut alors être construite sur des informations imprécises.

Vous rappelez justement que la réponse est confuse à la question de savoir si les "inégalités économiques" contribueraient à la croissance. En effet, la question de la croissance d’une population peut être considérée de plusieurs points de départ pour une réflexion approfondie. mais je doute que l’inégalité soit une bonne approche du problème.

Vous dites que les causes de la pauvreté seraient plus faciles à découvrir. Là aussi, plusieurs thèses sont défendables. Celle que vous exposez n’est pas la seule. L’économiste péruvien Hernando De Soto soutient que la cause première de la pauvreté dans le monde serait une insuffisance du respect de la propriété privée individuelle moderne. Hayek disait justement que la croissance est un résultat imprévu de la liberté politique(cf "route de la servitude", page 19, puf).

L’économiste Stiglitz consacre un long paragraphe pour expliquer (cf"principe d’économie moderne", chapitre 1) que tout échange volontaire crée nécessairement de la richesse pour l’acheteur ET pour le vendeur. Condillac disait exactement la même chose dans son "commerce et gouvernement" de 1776. Les économistes universitaires sont d’accord sur ce point. Votre hypothèse qu’un échange commercial appauvrirait l’acheteur ne tient donc pas. Bien au contraire, l’échange volontaire, est le premier moteur de la création de richesse dans le monde.
 


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