Oui, juste par rapport à ça et puisque vous citez mon article, votre débat si on le suit ne m’amène qu’à une conclusion : la bataille est perdue. C’est trop tard, la spirale de haine est enclenchée.
Je vous propose un exercice : évacuez les médias de cette affaire, évacuez la politique de façade qui est la seule que nous connaissons aujourd’hui.
Qu’est-ce qu’il reste ?
Des familles qui sont venues la plupart il y a plusieurs dizaines d’années. Cela faisait 25 ans que notre immigration etait stable et raisonnable. Il semblerait que notre "chef" actuel fasse en sorte qu’elle soit encore moindre. Ce sont aujourd’hui les générations qui ont grandi en France et qui grandissent en France qui posent problème. Mais petite question : qu’ont-ils vécu ? qu’ont-ils connu dans notre pays, censément celui des droits de l’homme, pour aujourd’hui en arriver à se révolter de manière de plus en plus violente ? C’est comme si on avait oublié le sens d’émeute : une émeute est un soulévement populaire, une révolte. On refuse de se poser cette question et si on la refuse, c’est bien précisément car la réponse est dérangeante.
Reflechissons un peu à ce qu’ont pu vivre ces gamins AVANT de mal tourner. On y trouverait peut-être la cause. Qu’a pu vivre cette première génération, enfants de ceux que l’on a fait venir car la France avait besoin de bras. Ce qui, bien sur, n’est plus le cas aujourd’hui. Quels ont été leurs écoles, leur milieu social, leur condition de vie ? Qui ont du etre des facteurs déterminants puisqu’il est désormais de bon ton de dénoncer le manquement des parents à leur devoir d’éducation. Quelle image notre société leur a-t-elle donc donnée ?
Quel était le budget alloué à l’entretien de ces immeubles à l’époque où tous les français la quittaient ? Quelle politique de la ville avait-on prévu pour ces quartiers ? Qu’est-ce que la mairie avait prévue pour ces gens qui ne votaient pas ? On les a ghettoîsés (parfois à l’échelle d’une ville comme en région parisienne) et purement et simplement ignorés. Aujourd’hui, nous récoltons les fruits de ce que la seule image que leur ait donné le système, c’est le rejet.
Et personnellement, j’imagine trés facilement combien a pu être générateur de haine le racisme "ordinaire" de la majorité des français. Certains comparent cette immigration à celle des espagnols ou des italiens, et nous explique que leur différence qui tient "en gros" à leurs origines africaines les rend impossibles à incorporer dans la Nation. J’ai tendance à penser que ce qui rend la Nation incapable d’incorporer cette vague d’immigration, c’est leurs origines "africaines", leur peau bronzée, pourtant fort jolie. Pour une raison simple :
On plaint, à juste titre, dans les livres d’histoires ces juifs sous Hitler, contraints d’arborer l’étoile jaune et de réveler ainsi à tout moment et en tous lieux le fait qu’ils étaient juif, les exposant ainsi sans cesse au racisme banal des allemands. A-t-on seulement songé que ces jeunes, leur étoile jaune, il la porte sur leur visage !
De ce que j’ai pu observer, et d’abord de moi-même, le racisme est un "penchant naturel" de l’homme. Ne pas être raciste, ne pas traiter quelqu’un différemment à cause d’une différence, quelle qu’elle soit d’ailleurs, est un effort, et un effort conscient de l’esprit. Pourquoi est-ce que je ferais cet effort ? Car je sais que c’est une condition de la vie en société démocratique. J’accepte les différences des autres pour pouvoir mieux exprimer les miennes, quelle qu’elle soit.
Quiconque ne veut pas faire cet effort, sera naturellement raciste.
De moins en moins de monde veut faire cet effort et malheureusement, c’est valable pour tous les camps du débat : les français racistes contre les bronzés, les bronzés racistes contre les blancs avec depuis quelque temps, grace à l’apport de SOS-Racisme, les français racistes contre les racistes.
La crise que nous connaissons est avant tout une crise sociale, le soulévement d’une partie de la population qui n’en peut plus de haine (le film éponyme de M. Kassovitz est plus que jamais d’actualité).