Olivier Bonnet,
Tout d’abord, concernant la durée du travail et des comparatifs, je vous inviterai à consulter cette publication de l’OIT (Organisation Internationale du Travail) d’Avril 2008 concernant la mesure du temps de travail et ses propositions en matière de révision des normes internationales.
http://www.ilo.org/public/french/bureau/stat/download/mels2008/reptwo.pdf
En effet, il n’est pas possible d’extraire d’une série de données et de tirer des conclusions.
Le Groupe de Paris sur l’emploi et la rémunération (groupe d’échanges informels) est, entre autres, chargé de normer ce domaine des statistiques et de faire des propositions.
« Au niveau national, de nombreux instituts de statistique, en particulier dans les pays dotés dans ce domaine de systèmes perfectionnés, établissent depuis des années des statistiques sur la durée du travail. C’est un argument de plus en faveur d’une révision internationale des méthodes de mesure du temps de travail qui tienne compte des pratiques nationales et les intègre dans un cadre global qui pourrait servir également aux pays désireux de développer leurs statistiques sur le temps de travail. »
Lisez ce document et vous verrez pourquoi l’interprêtation comparative n’est pas possible et pourquoi l’OIT annonce la révisions des méthodes statistiques. Par exemple :
En effet, il n’est pas possible de lister les nombre d’heures travaillées et/ou payées, mais il faut tenir compte de nombreux facteurs tels que :
1) Les statistiques des heures de travail réellement effectuées devraient inclure :
a) les heures réellement effectuées pendant les périodes normales de travail ;
b) les heures effectuées en plus des heures réellement effectuées pendant les périodes normales de travail,
et généralement rémunérées à des taux supérieurs aux taux normaux (heures supplémentaires) ;
c) le temps consacré sur le lieu de travail à des travaux tels que la préparation du lieu de travail, les travaux de réparation et d’entretien, la préparation et le nettoyage des outils et l’établissement de reçus, de fiches de durée d’opérations et de rapports ;
d) le temps passé sur le lieu de travail en temps morts, en raison par exemple du manque occasionnel de travail, d’arrêts de machines ou d’accidents, ou le temps passé sur le lieu de travail pendant lequel aucun travail n’a été fait, mais pour lequel un paiement a été effectué sur la base d’un contrat d’emploi garanti ;
e) le temps correspondant à de courtes périodes de repos sur le lieu de travail, y compris les arrêts du travail pour collation.
2) Les statistiques des heures de travail réellement effectuées devraient exclure :
a) les heures rémunérées mais non effectuées, telles que les congés annuels payés, les jours fériés payés, les congés de maladie payés ;
b) les pauses pour les repas ;
c) les heures consacrées aux trajets entre le domicile et le lieu de travail et vice versa.
Les données disponibles actuellement ne tiennent pas compte de ces diverses inclusions et exclusions, dont la plus importante d’entre elles : nombre d’heures payées mais non effectuées (congés, RTT, compensation d’heures Sup...).
Tout ça, donc pour dire que les stats recueillies par les pays ne sont pas comparables.
Je ne sais pas quand l’OIT sera en état de donner ces nouvelles stats suivant les nouvelles conventions.
N’oubliez pas aussi, que la comparaison ne peut se faire uniquement sur des heures travaillées, mais aussi sur la durée de la vie professionnelle. Et là, on n’est pas bons.
Je vous mets enfin la série statistique intégrale pour montrer que la France est en 5ième position sur 29 en pays qui travaille le moins.
Norway
1360
Netherlands
1367
Germany
1437
Belgium
1534
France
1546
Denmark
1551
Sweden
1587
Ireland
1638
Austria
1656
Switzerland
1659
United Kingdom
1672
Portugal
1685
Finland
1714
Australia
1730
Canada
1737
Slovak-Republic
1739
Spain
1769
Japan
1775
Iceland
1794
Italy
1801
United States
1804
New Zealand
1809
Slovenia
1868
Mexico
1909
Hungary
1994
Poland
1994
Czech-Republic
2002
Greece
2053
Korea
2354