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Commentaire de Patrick Adam

sur « Indigènes » : remplacer une amnésie par une autre


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Patrick Adam Patrick Adam 1er octobre 2006 08:32

@ wrysia

Je ne veux préjuger de rien mais quand vous dites qu’Aïcha a « compris qu’elle vous avait mal jugée », je crois que vous parlez un peu vite. Aïcha tente une manoeuvre de repli comme elle en a l’habitude, jusqu’au moment où elle ne pourra s’empêcher de resurgir derrière vous pour vous insulter à nouveau. Je la pratique depuis un certain temps et j’ai l’habitude. (je ne suis pas le seul). Elle a vu que son attitude envers vous la desservait, alors elle fait le dos rond et vous fait des chatemines en se présentant comme un parangon de toutes les civilités, mais le fond restera le même, soyez en sûre. Elle m’a eu deux fois comme ça, mais qu’elle ne compte pas sur moi pour que j’y revienne...

D. W. agit de même, sauf que lui, il n’a aucune, mais alors vraiment aucune, légitimité pour aborder quoique ce soit qui concerne l’islam. On est là devant un vide intégral, un catalogue « Points de vue image du monde islamiste ». Il fait très « Londonistan » le D. W. Laissons-le définitivement de côté. Mais l’hypertrophié-du-cortex-décodé-intégriste enrage de se voir délaissé.

Les questions que je me pose par rapport au monde arabo-musulman (excusez du terme, car il semble que chaque fois qu’on utilise un mot pour décrire cette culture on soit obligé de justifier 1 300 d’histoire et c’est lassant...) remontent maintenant assez loin, en fait aux contacts que j’ai eu avec de richissimes saoudiens, koweitis, iraniens, émiratis ou turcs, quand je travaillais sur la Côte d’Azur. Je les ai vus rentrer dans des magasins tels des seigneurs du Moyen Âge, ordonner livraison dans la minute de ce qu’ils avaient choisi, puis marchander pendant des heures pour obtenir 10 à 15 % de remise. C’était la condition sine qua non à leur « bienveillance » d’acheteur. Or, j’avais appris à vendre sans accorder la moindre remise à un client, maximum 2% pour un paiement comptant, vu que c’est ce que nous accordait un fournisseur si nous le réglions à 30 jours. Je me plaisais même à expliquer à mes clients habituels qu’un tel mécanisme de remise était nocif en lui-même car, pour un magasin, une marge bénéficaire n’est jamais de 10 ou de 15 % et donc que les établissements qui affichaient de tels rabais l’avaient obligatorement inclus dans leurs tarifs. La plupart des gens comprenaient... Mais quand nous avons essayé d’expliquer ça à nos clients du Golfe, ils ont bien rigolé. Ils voulaient leur remise comme une tradition... comme un combat d’où l’on revient toujours avec un butin de guerre... Sinons il nous tournaient le dos dédaigneusement. Résultat, en quelques mois, toutes les étiquettes dans tous les magasins de la Côte avaient augmenté de 15 à 20 %, juste pour pouvoir gagner du temps au moment de la discussion et donner aux acheteurs du Golfe l’illusion d’avoir « gagné »... Avec pour corolaire que les clients habituels qui ne demandaient pas de « faveur », payaient souvent plus cher qu’ils n’en avaient jusqu’alors l’habitude... 0 tempora o mores.

C’est ainsi que la plupart des touristes qui visitent le Maroc paient 50 € une paire de babouches de Tafraout qui n’en vaut que 5 et que dans de nombreux restaurants, il est mis un point d’honneur à ce que l’étranger soit étrillé. C’est ce qui fait le succès des établissements tenus par des étrangers où l’on est sûr que tout le monde paie la même chose. Savez-vous qu’il existe au Maroc nombre de monument historiques qui affichent un double tarif : un droit d’entrée pour les étrangers (sic) un autre pour les Marocains...

Alors on peut bien me dire que je suis raciste de parler ainsi, je m’en fous. Ces abus sont décrits régulièrement dans toute la presse marocaine qui voit là naturellement un cancer qui empêche ce secteur de se développer comme il se doit, et même le gouvernement se voit contraint de faire passer à la télé des campagnes de « sensibilisation » pour tenter de freiner un minimum le phénomène. Il faut avoir traversé au moins une fois les souks de Marrakech pour voir la hargne mercantile qui s’y déploit sans pudeur. J’ai vu des touristes en ressortir en larmes... choqués comme s’ils venaient d’échapper à une meute de loups.

Pensez-vous que Aïcha soit assez fine pour reconnaître que ces pratiques gangrènent son pays ? Non, bien sûr. Elle préfère se voiler la face et continuer de proclamer comme les campagnes de publicité locale le font que « le Maroc est le plus beau pays du monde » (ce qui à bien des égards n’est pas totalement faux) sans tenir compte que c’est le pays qui a le plus faible « taux de retour » de touristes sur son sol de la planète... Se poser des questions, Aïcha, ne sait pas ce que c’est. Elle préfère tourner autour de son nombril en disant que c’est « le plus beau nombril du monde ».

Voyez, mes considérations ne sont pas toujours métaphysiques. Mais ce sont celles d’un homme qui sait regarder le monde comme il est réellement. Je me souviens de l’expérience tentée par Boumédienne en Algérie pour obliger tous les magasins à étiqueter leurs produits. Pendant deux mois, les commerçants ne vendaient plus rien. Résultat le gouvernement a cédé. Idem au Maroc, quand il s’est agi de mettre des disques de contrôle de temps et de kilomètres parcourus dans les camions. Les patrons transporteurs se sont tous mis en grève. Résultat, leurs chauffeurs continuent de finir dans les ravins. Les routes du Maroc sont parmi les plus dangereuses du monde. Mais il ne faut rien changer aux nobles traditions...

Tout comportement collectif est, par essence, un fait culturel, un mécanisme. Il est donc porteur de valeurs ou de contre-valeurs civisationnelles. Et il va sans dire qu’il dépend du contexte éducatif duquel il est extrait. Il est dit dans le Coran qu’il ne faut pas pratiquer l’usure. Voulez-vous que je vous raconte comment on contourne cet interdit en fabriquant de pseudo « loyers » avec « avances » pluri-annuelles des sommes à encaisser... Personne n’en parle, mais les pauvres gens le vivent chaque jour (et c’est moi qui me fais ici traiter de bourgeois...). Sait-on que la plupart des murs des boutiques dans les souks appartiennent à une poignée de richissimes notables qui « avancent » le stock des magasins à de pauvres gens venus de la montagne qui passent le reste de leur vie à les rembourser...

Nous étudions sans cesse nos comportments collectifs et nous ne sommes pas tendres avec la vision que nous avons de nous-mêmes. Il serait grand temps que dans les pays du Maghreb on en fasse autant. Pour le reste du monde arabe, je m’en fous. Qu’ils se débrouillent avec leurs comportements « ancestraux » complètement archaïques. Mais le Maghreb, ce n’est pas la même chose. C’est la Méditerranée et nous aurons toujours un fond commun. Malheureusement, ces pays sont de plus en plus « travaillés » par des idéologies venues du Golfe (frères musulmans, salafistes, tablich). Le roi du Maroc a enfin compris le danger. Il tente de lutter désespérément sur le terrain des intégristes en multipliant les initiatives religieuses, mais il sepble que ce soit un peu tard. Surtout avec de sinistres individus comme Aïcha, Citadelle, et tant d’autres qui sont en train de saper leur pays.

Bien à vous. Patrick Adam.


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