Les chauffeurs français ne sont ni meilleurs ni pires que leurs collègues étrangers. Ils ont le grand tort de se retrouver aux commandes de véhicules vétustes, affrétés par des opérateurs peu scrupuleux de voyages internationaux pour une clintèle désargentée.
Ces mêmes opérateurs se comportent comme des escrocs ; chaque année, des groupes attendent vainement le car qui doit les mener en Afrique du Nord. Et, à "l’agence" où ils ont acquis leur billet les candidatsvoyageurs trouvent portent de bois.
Et, si un car est bel et bien au rendez-vous, il s’agit fréquemment de véhicules poussifs immatriculés au Maroc, en Algérie ou en Tunisie dont on connaît le laxisme des autorité. Les chauffeurs, payés au lance-pierre, sont contraints à des horaires infernaux engendrés par le système du troisième conducteur fantôme.
Toute comme le pélerinage à la Mecque donne lieu à un juteux mais honteux commerce, le traditionnel retour annuel au pays des immigrés ouvre la voie à toutes les dérives. Allez donc faire un tour à Bruxelles aux alentours de la gare du Midi, où fleurissent les prétendus tours opérateurs, où s’entassent dans des cars poussifs des familles entières chargées des ustensiles et meubles les plus invraisemblables, où les chauffeurs tentent de charger et charger encore plus haut que la gueule leurs ancêtres rouillés.
Chaque année, certains opérateurs et chauffeurs se font pincer. Chaque année, on les retrouve sur le même marché mais sous un autre nom…