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Commentaire de Pierrick

sur Pour la République. Pour le bilinguisme français-langues régionales


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Pierrick 26 juin 2008 19:46

 Bonsoir, 

 

Puisque vous décrivez ce que vous avez-vu depuis 30 ans, "retrouver ses racines", le "retour au pays" "travailler au pays", "la régionalisation"les "langues régionales" aujourd’hui, permettez-moi de vous dire qu’au cours de ces 30 ans, j’ai moi aussi vu des choses. J’ai vu des mines fermer dans le Nord , des usines textiles mettrent leurs salariés au chômage. Ceux-là souhaitaient travailler au pays et ils avaient raison.

Retrouver les racines. ?.. Mais toutes ces fêtes régionales ou locales, ces festivals qui sont nés un peu partout en France ces trente dernières années, n’est-ce- pas "retrouver ses racines", un "retour au pays" face à l’uniformisation que la société française a imposé à tous ses concitoyens dans l’après-guerre ? Unformisation accélée par cette mondialisation qui voudrait nmaintenant ous réduire à des buveurs de coca-cola, des mangeurs de hamburgers habillés en Nike avec un I-Pod sur les oreilles !

 Et de plus, comble de l’ironie, cette prise en compte des racines (je ne parle pas de "retour’) est sur quoi se batit aujourd’hui un des premiers attraits touristiques de notre pays, si utiles en devises quand le budget de l’Etat est exangue...

Ces 30 dernières années, j’ai vécu dans pratiquement toutes les régions de France, dont Paris. Un des côtés merveilleux de Paris, c’est que c’est une ville cosmopolite. On y parle toutes les langues. Etrangères. Mais aussi régionales. Mais c’est aussi à Paris que certains décident d’interdire ces mêmes langues régionales.

Dans toutes les régions de France, j’ai vu "folkloriser" les cultures (voir plus haut), et dans le même temps, des locuteurs provençaux, occitans, alsaciens, ch’ti, bretons se refuser à parler leur langue... sauf à se révéler quand ils sont en confiance. Ce n’est plus les hussards noirs qui agissent. C’est entré dans les esprits des anciens.

Une relève arrive aujourd’hui pour redonner la parole à ces langues, justement. Il était temps. Encourageons les. Et reconnaissons aussi les langues issues de l’immigration ! Ceux qui les parlent sont français comme tous les autres, des français dont les parents étaient des immigrés et qui ont amené dans leurs bagagse de nouvelles langues, de nouvelles cultures qui doivent, non pas disparaître, mais s’intégrer à la nôtre. Et - nouveau paradoxe - on ne peut accuser ceux-là de vouloir diviser le territoire en régions autonomes. Leur culture, leur langue n’est pas liée à une zone de notre territoire. Mais ils sont pourtant bien là. Alors, intégrons les avec tut ce qu’ils nous apportent.

Car intégrer, c’est toujours transformer. Cette "France" que vous avez connu il y a 30 ans n’existe plus. Pas plus que celle des hussards noirs. Et demain sera, doit être encore différent. C’est le sens de la vie. Pas de nostalgie.

Le français est notre langue commune. Celle qui me permet de vous parler en ce moment. Elle est précieuse et riche. J’entends l’utiliser et la préserver. Comme toutes les autres langues. Y compris, et peut-être encore plus celles que je ne parle pas. Pour, un jour, demain peut-être, pouvoir encore rencontrer quelqu’un de différent qui m’apprendra sa langue et m’ouvrira ainsi les portes de son imaginaire.

Pour finir en clin d’œil, suivons l’exemple des capitalistes, même si, n’ayez crainte, ce n’est pas dans le même but.. Eux savent bien, et depuis fort longtemps, qu’on s’enrichit toujours des autres !

Cordialement,

 

PLF


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