Chapeau bas, Morice ! Tu démontres par l’absurde qu’un bon "papier" est avant tout affaire de temps, temps de recherche, temps de recoupage, temps d’écriture, le tout enrobé d’une bonne dose d’humilité et, bien sûr, augmenté d’une citation des sources publiques.
Hélas, les journalistes sont aujourd’hui plus que jamais payés pour pisser la copie au kilomètre. Résultat : une presse univoque, ressucée de dépêches d’agence ; éventuellement assortie d’un commentaire vite pensé-vite écrit et, bien sûr, dépourvu d’originalité.
Les rédacteurs en chef ne sont pas les derniers responsables de ce que le grand public considère -souvent à tort- comme une preuve de paresse des forçats du clavier. Trop rarement ils se battent pour obtenir les moyens, essentiellement humains, nécessaires à la confection d’un canard pas trop boîteux.
Enfin, tu fais la preuve de la vacuité des "écoles de journalisme" et autres départements universitaires de "communication". La plume, on l’a ou pas. La curiosité, elle est naturelle. Le reste n’est que bla-bla. Et vaste entreprise à fabriquer des chômeurs : exemple en Belgique francophones, 300 diplômés annuels pour trente postes se libérant bon an mal an. Et, comme beaucoup de confrères, j’ai toujours préférés engager un diplômé en n’importe quoi (économie, finance, droit, infirmier, philosophe,etc.) -sauf en journalisme- qui amène ses compétence en plus de sa plume.