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Commentaire de Jean Lasson

sur Un million pour Sarkozy


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Jean Lasson 15 novembre 2008 17:10

Bonjour M. Allard,

Comme il s’agit d’un texte ironique, je rique de me tromper sur vos intentions réelles. Je choisis de prendre ce texte au premier degré, c-à-d de répondre à la question : faut-il payer (beaucoup) plus les politiciens au pouvoir afin d’éviter qu’ils se laissent corrompre ou qu’au moins les citoyens se scandalisent et agissent ?

Tout d’abord, absolument rien ne garantit qu’un politicien payé un million € /an serait moins avide et corrompu qu’un autre payé 120.000 €/an. On peut même se demander si ce n’est pas le contraire, si l’on en juge par l’avidité des dirigeants des grandes sociétés. Ex : Antoine Zaccharias, ex-pdg de Vinci, touchait plus de 50 millions € par an, mais il en voulait encore plus (prime de 8 millions € pour la juteuse acquisition d’ASF). Quant à la capacité des citoyens de se scandaliser et d’agir en conséquence, elle est nulle. J’ai souvent entendu, sur cette question : "A leur place, je ferais pareil". Et la réelection d’un Balkany, par exemple, prouve que, oui, à la place du politicien, l’électeur moyen ferait pareil !

Donc, cette mesure serait inefficace.

Ensuite, payer aux politiciens de telles sommes serait avaliser officiellement les écarts de revenus de 1 à 500 qui sont apparus dans nos sociétés ces 15 dernières années. Personnellement, je ne crois pas que la Société puisse durablement supporter de tels écarts monstrueux. En effet, ces écarts induisent un phénomène très dangereux, qu’on observe actuellement et qu’il faudrait combattre énergiquement : la sécession des élites, c-à-d qu’une classe - les "hyper-riches" - est en train de déconnecter son sort de celui du reste de la population. Cette classe, qui a le pouvoir économique et donc politique, prend ses décisions en fonction de ses intérêts, qui sont devenus divergents, voire opposés aux intérêts du Peuple. Un banquier du début du XXe siècle (JP Morgan ?) disait qu’au delà de 1 à 20, les écarts de revenus étaient illégitimes. Il faudrait donc imposer un revenu maximum d’activité. Je crois qu’un maximum à 10 fois le smic serait largement suffisant.

Des revenus très élevés (officiellement ou par prévarication) changent le type de candidats politiciens : au lieu de personnes morales intéressées par le bien commun, nous héritons d’arrivistes égoïstes et incultes, qui choisissent cette carrière pour s’enrichir personnellement. Cette nouvelle race n’hésite pas à prendre des décisions néfastes pour le plus grand nombre, mais profitables pour eux (sécession des élites).

Une solution efficace pour se débarrasser de cette engeance consisterait à faire en sorte qu’on ne puisse plus faire carrière en politique, en limitant les mandats nationaux et locaux importants à une seule mandature sur toute la vie. Mieux peut-être, les mandats pourraient être attribués par tirage au sort, comme dans le cas des jurés d’assises. Après tout, s’occuper des affaires publiques est un devoir et un honneur, ni un droit ni une opportunité de s’enrichir. Mais dans ces conditions, rien ne s’opposerait à ce que les élus/choisis soient bien payés (ou plutôt complètement pris en charge, comme c’est déjà le cas aujourd’hui). Il est, de plus, souhaitable que tous les décideurs viennent de et retournent à la vie civile.

Enfin, pour s’assurer qu’il n’y a pas eu corruption, je ne vois qu’une seule solution : un suivi longitudinal des dépenses et du patrimoine des politiciens et hauts-fonctionnaires, comme ce qui se fait pour le dopage chez les sportifs. Ce suivi devrait également concerner les ascendants et descendants en ligne directe. Bien sûr, interdiction du pantouflage dans une société ayant profité des décisions de l’Etat ou des collectivités.



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