Sans rien vouloir retirer à la dimension dramatique et révoltante de ce meurtre, je trouve qu’il est lourdingue d’écrire "a été froidement abattu"
Révoltés, nous en venons à écrire ou à dire n’importe quoi, pourvu que cela exprime notre sentiment. Peu nous chaut alors la vérité.
Or ici, il s’agit d’un article comme on en voit beaucoup dans les journaux, qui se voudrait avant tout informatif, même s’il est partisan.
Et "Froidement" n’est pas une information.
Placé en cet endroit, c’est une tentative de manipulation de l’opinion.
Seul celui qui a tué peut dire s’il l’a fait froidement ou ardemment.
D’où nous vient cette propension à recourir systématiquement à ce "froidement" quand il est question de décrire une scène que nous récusons ?
Je pense que ça provient de notre besoin de nous désolidariser du meurtrier. De nous désolidariser complètement, à la folie, de celui qu’on désapprouve. Allant jusqu’à lui renier toute appartenance à notre espèce humaine. Espèce qui fonctionne à 37°C.
Alors c’est p’tet très compréhensible, mais ce genre d’allégation est absurde et rend les procès extrêmement confus.
On veut toujours qu’un assassin soit non humain, abject de la tête aux pieds, qu’il tienne plus du cobra que du lapin et on s’enfonce alors dans un réquisitoire abusif, délirant. Il faut ensuite des journées entières pour démêler l’écheveau hystérique de l’accusation et dégager enfin la vérité toute ...froide.
Je pense que les soldats de France et d’ailleurs qui participent aux pelotons d’exécution ne tuent pas froidement.
Si ?