@Zawgyi , à propos de l’évolutionisme et du créationisme :
L’évolution n’est plus une théorie mais un fait puisqu’aucune observation scientifique en sens contraire n’existe. Qu’il y ait évidemment des "chaînons manquants" n’est pas un argument. Pas plus que l’une ou l’autre supercherie, indigne d’un scientifique. D’ailleurs, depuis Jean-Paul II, il est admis, sauf par les fondamentalistes, que « l’évolution est plus qu’une hypothèse » ...
Les partisans du créationnisme et, ce qui revient au même, du « dessein intelligent » ne semblent pas dérangés par l’antropomorphisme et le déterminisme d’une telle conception :croire que la complexification des êtres vivants est orientée dans le sens d’un progrès est contredit par toutes les observations scientifiques et historiques.Si « Dieu » a créé le monde, la vie et les êtres vivants, comment les créationnistes peuvent-ils éluder la question de savoir qui a créé ce dieu (si ce n’est leur imagination pour répondre à leurs incertitudes) ?Il est vrai qu’à notre échelle moins que centenaire, il est très difficile de se représenter une durée de millions d’années et donc l’influence que l’évolution a eue sur le cerveau, au fil de milliards d’ adaptations et/ou mutations successives.
Dire que la foi et la raison, la religion et la science, le pourquoi et le comment, sont conciliables en invoquant qu’elles relèvent de dimensions, de niveaux différents et indépendants, n’est pas un argument pertinent mais une pirouette facile ... : une même chose ne peut pas être à la fois vraie et fausse. La notion de « Vérité » religieuse absolue est contradictoire et inconciliable avec celle d’une « vérité » scientifique, confirmée ou infirmée par l’expérience, ou avec celle d’une « vérité » personnelle, partielle et provisoire.Il faut choisir ...
N’est-il pas temps de faire prendre conscience aux jeunes ( car à l’âge adulte, il est souvent trop tard) que la croyance religieuse et le créationnisme qui en résulte sont le résultat d’une éducation religieuse précoce, affective et unilatérale, qui laisse des traces indélébiles dans le cerveau émotionnel, constatées par IRM fonctionnelle, et qui influence donc l’esprit critique ultérieur et le libre arbitre, du moins dès qu’il est question de religion ?Si certains croyants (surtout évangéliques) sont impermanbles à tout argument scientifique (qui les déstabiliserait), et s’ils se cramponnent désespérément au créationnisme, n’est-ce pas parce qu’ils ont compris que sans cette croyance, c’est tout l’univers religieux qui s’écroulerait ?
L’honnêteté intellectuelle n’exige-t-elle pas qu’au-delà de la découverte minimale et intellectuelle du "fait religieux" au cours d’histoire, TOUS les jeunes puissent AUSSI découvrir, sans prosélytisme, l’alternative de l’humanisme laïque, ses principes, ses valeurs, ses fondements, ses options et ses objectifs ? Ne serait-ce pas la mailleure manière de permettre aux jeunes de choisir, aussi librement et tardivement que possible, de croire OU de ne pas croire ? N’est-il pas temps aussi de repenser le droit constitutionnel des parents d’imposer leurs convictions à leurs enfants, sans ouverture aux autres options qui existent au sein de notre socité pluriculturelle à laquelle ils devront s’adapter ?
Cordialement,
Mithys