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Commentaire de Tristan Valmour

sur Un certain communautarisme aggrave les problèmes de racisme


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Tristan Valmour (---.---.229.33) 26 octobre 2006 17:42

Tout comportement qui consiste à condamner un individu en raison de critères supposés ou reconnus à l’altérité (âge, couleur, religion, profession...) est une négation de l’individu, à savoir, sa capacité de penser par lui-même et d’exister en dehors du groupe auquel on l’identifie.

Le rejet de l’autre (racisme, xénophobie, etc.) est universel comme intemporel, et également réparti, en raison de la nature de l’être humain : un animal qui règne sur un territoire. Les ethnologues que j’ai lus (je n’ai pas tout lu, désolé) n’ont identifié que quelques communautés qui vivaient en autarcie, en Afrique comme en Amérique du Sud, qui échappaient à ce qui est énoncé plus haut. Les raisons sont trop complexes à avancer ici. Retenons la raison majeure : l’isolement. En effet, ces communautés isolées n’avaient qu’un « adversaire » commun : la nature dont ils devaient se préserver. Cela les a conduit, par nécessité, à tisser de forts liens de solidarité. Les relations étaient donc pacifiques car l’homme était rare, donc il était précieux. On peut donc retenir comme deuxième raison du rejet d’autrui (après l’exercice d’une autorité sur un territoire), le fait que dans nos villes, l’homme est abondant.

Ce rejet de l’autre va conduire au communautarisme en raison du sentiment que ceux qui me ressemblent vont m’aider et me protéger davantage, moi l’individu, que ceux qui me sont différents. Ce sentiment est à la fois réel et illusoire, tout dépend de la façon dont les individus de ladite communauté perçoivent la primauté de l’individu sur le groupe, ou la soumission du premier au second. Prenons une équipe de football, un exemple simple et parlant. Les joueurs d’une même équipe - la communauté - vont se soumettre à l’équipe pour lui assurer la suprématie. Or les équipes sont rarement homogènes. On y compte des blancs, des noirs, des arabes, des athées, des musulmans, des chrétiens, des xénophobes, des xénophiles, qui votent à droite ou à gauche, etc. Mais ces critères d’appartenance sont moins importants, lors du match, que leur soumission à la communauté « équipe ». Si un joueur de cette équipe commet une faute grave sur un joueur de l’équipe adverse, une partie de ses coéquipiers continuera d’adopter le comportement de soumission à la communauté - et soutiendra le joueur fautif s’il est à son tour agressé verbalement ou physiquement - tandis que d’autres coéquipiers se désolidariseront de l’équipe au nom de priorités individuelles (« mon coéquipier fautif l’a bien cherché et il mérite son sort ») supérieures à la communauté. Ces derniers s’efforceront de se tenir en retrait si le coéquipier fautif est pris à partie par les joueurs de l’équipe adverse.

Bref, le rejet de l’autre est un comportement naturel de défense et de conquête qui doit être contré par des solidarités individuelles en dehors du groupe dans lequel on nous classe d’office. C’est-à-dire : aller vers l’autre !

Notre pouvoir sur notre vie quotidienne diminue progressivement en raison de facteurs multiples, mais nous conservons celui d’avoir la volonté de voir en l’autre un ami. C’est à nous de choisir.

Ce n’est certes pas toujours facile, mais ô combien enrichissant lorsqu’on tente cette aventure.


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