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Commentaire de Bert

sur L'anglais facile : réalité ou mythe ?


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Bert 6 avril 2009 17:14

J’ai appris l’Espéranto il y a plus de trente ans parce que j’y croyais et aussi parce que je croyais qu’il n’y avait que cette solution. Je ne me suis jamais senti "espérantiste" mais plutôt "espérantophone" car je n’ai pas un tempérament à suivre aveuglément le troupeau et j’ai toujours remis en question ce qu’on m’enseignait. De nos jours on ne nous apprend plus tellement à avoir l’esprit critique.

Pendant des années j’ai défendu l’Espéranto, et même le "Fundamento", lors de discussions ou de correspondances, puis plus tard sur des forums, avec des espérantistes et des non-espérantistes. J’ai accepté les critiques (d’espérantistes ou non) que j’ai pu avoir à l’époque, j’y ai réfléchi quand elles étaient pertinentes et j’ai compris un certain nombre de choses, j’ai remis en question les conclusions que j’en avais alors tirées. Bref lentement mon point de vue a évolué et quand j’ai voulu le partager à nouveau, dans l’espoir de faire avancer les choses je me suis heurté d’abord à un mur, ce qui n’est pas mal en matière d’(inter)communication, puis à des tirs groupés, justement de clichés, de leçons bien apprises, de slogans et de lieu-communs vieux de cent ans qui n’avaient pas plus évolué que l’Espéranto lui-même, et je ne citerai pas les insultes parce qu’elles n’ont aucun intérêt particulier, sauf celui d’empêcher toute discussion.

Je n’ai aucun ressentiment envers qui ou quoi que ce soit. Nous sommes ici pour discuter et non pour faire de la propagande ou s’autosatisfaire de paroles d’évangile. De la discussion jaillit la lumière si celle-ci est honnête et en quête de vérité. Je continue d’affirmer que l’Espéranto n’est pas LA solution seule et unique, et j’ajoute en plus que ce n’est pas la meilleure, pour toutes les raisons déjà exposées et bien d’autres encore non développées. Cela ne m’empêche pas de continuer de lire et d’écrire en Espéranto, tout en explorant et pratiquant d’autres "solutions" qui fonctionnent tout aussi bien, sinon mieux, en tout cas des systèmes plus ouverts qui évoluent dans le temps et dans l’espace, comme toute langue ou système de communication doit évoluer pour s’adapter avec art et efficacité. Et veuillez ne pas invoquer les critères habituelles du nombre de locuteurs, de publications ou de manifestations dans le monde. A ce jeu là l’Espéranto, en tant que langue y perdrait beaucoup, n’étant pas répertorié, ou alors en queue des listes de ce genre de statistique. Et vous seriez tenté de vous mettre immédiatement au chinois, à l’hindi ou à l’arabe, je n’ose même pas citer l’anglais puisque’il semble que ce soit la bête noire des espérantistes.

L’Espéranto, né en quelque sorte grâce au Volapük, est un phénomène linguistique intéressant qui en a suscité bien d’autres ensuite. Et précisément s’il en a suscité autant c’est qu’il était imparfait et la plupart des projets qui lui ont succédé ne sont pas tous des inventions farfelues destinées à flatter les égos de leurs créateurs - on arrive très vite à faire le tri entre ce qui est sérieux et le reste. Les progrès de la linguistique, et d’autres sciences ayant des rapports plus ou moins directs avec celle-ci, devraient nous permettre maintenant de développer rapidement des projets sans doute mieux adaptés au monde et à notre mode de pensée actuel. L’Espéranto pourrait en être une des bases si seulement les espérantistes ne l’enfermait pas dans un cadre rigide, intouchable (au nom de quoi, d’ailleurs ?). Faute de cela les choses avancent et continueront d’avancer sans l’Espéranto, qui ne sera qu’une langue parmi les autres, et qui, de fait n’est déjà la langue que du peuple espérantiste, nation virtuelle, cosmopolite et internationale en son sein - Unu lingvo, unu mondeto - mais ce n’est certes plus une langue neutre, ni plus ni moins facile que d’autres langues construites ou re-contruites qui voient le jour ou même que certaines langues naturelles existantes.

Posez-vous donc la question : pourquoi l’anglais fonctionne-t-il en tant que lingua franca actuellement alors que, selon vous surtout, il n’ a aucune des qualités requises ? Et je me place sur un plan purement linguistique, en dehors des considérations politico-économiques ou culturelles qui ont aussi une certaine influence mais ne déterminent pas entièrement ce choix qui vous semble imposé ... l’est-il vraiment pour tout le monde ?

En vous positionnant en permanence contre un choix vous perdez l’occasion de montrer en quoi le vôtre est meilleur ou vous montrez seulement qu’il ne l’est pas. Parler de communication, d’intercompréhension, en faire son cheval de bataille et critiquer, dénigrer, rejeter tout ce qui a trait précisément à la communication, pour une meilleure compréhension mutuelle, est pour le moins contradictoire. Les slogans, les clichés et leit-motiv (et les insultes quand il y en a) sont des modes d’expression compromettant tout échange. Expression mais pas communication et donc aucune compréhension ... perte de temps et d’énergie ?

Le monde change que vous le vouliez ou non.


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