« Ce qui ne repond pas à la question posé. Pourquoi ceux qui (comme moi) ont appris plusieurs langues construite dont l’esperanto ont en très grande majorité comme préférence l’esperanto ? »
C’est la question que je me pose d’autant que pour moi, comme pour d’autres, c’est exactement l’inverse 
Je sais, pour avoir échangé de nombreux messages avec des espérantistes convaincus, qu’une des raisons invoquées, pour justifier le choix de l’Espéranto, est sa grande dissémination de par le monde, c’est-à-dire le nombre de ses locuteurs, suivi ensuite de l’importance de sa littérature originale ou traduite.
Cependant ceci ne me semble pas être un bon critère car, comme je le disais précédemment, partant de là nous ferions mieux alors d’apprendre le chinois (pas plus, voire moins difficile que l’anglais) ou l’hindi ou même l’arabe. Je mets l’anglais volontairement de côté car il semble susciter de votre part des réactions épidermiques, ce qui, par ailleurs risque de vous mettre à dos une très grande partie de la population de cette planète dont c’est la langue, sinon maternelle, au moins quotidienne.
Ce n’est pas non plus un critère de qualité ou un critère qui lui donne l’avantage de pouvoir aspirer à l’internationalité, plus qu’une autre langue. Il y a quelque part une contradiction dans l’affirmation que l’Espéranto est une langue neutre, donc adaptée de ce fait à la communication internationale, car non partisane et « aculturelle », et le fait d’affirmer en même temps que cette langue est vivante, donc active culturellement parce qu’elle possède aussi une littérature propre. D’autre part le mouvement espérantiste, qui s’est d’une certaine manière appropriée la langue Espéranto, ne peut être complètement neutre dans ses choix et sa façon d’agir.
La question que vous posez et à laquelle je ne peux pas répondre pour vous, parce qu’il s’agit de votre choix, montre encore que derrière le phénomène purement linguistique, autre chose vous attache, vous lie à l’Espéranto, ou plutôt devrais-je dire à l’espérantisme. Ce qui ne fait que confirmer ce que j’essaie d’expliquer depuis le début, sans doute bien maladroitement : l’Espéranto n’est pas (ou peut-être n’est plus) ce que vous prétendez qu’il est.
Ce n’est pas un moyen de communication plus neutre que l’anglais ou une autre langue « nationale », ce n’est pas (ou n’est plus) une langue « facile » à cause de ses archaïsmes et de ses limitations, qui sont, pour faire vite, ses archaïsmes, sa prononciation, son immaturité linguistique, ce n’est pas une langue internationale à cause du choix arbitraire des mots constituant son vocabulaire, ce n’est pas une langue à part entière parce qu’elle a été verrouillée par son « Fundamento » qui ne lui permettra jamais d’évoluer (sauf peut-être au niveau du vocabulaire qui se multiplie inévitablement et avec une certaine redondance) et donc ne lui permet pas de se débarasser de ses archaïsmes contraignants. Ici le principe selon lequel l’usage fait loi en Espéranto est encore un pieux mensonge, il faudrait préciser un usage « encadré par le Fundamento » peut faire loi.
Vous semblez plus attaché(s) à l’objet « Espéranto » qu’à ce que pourquoi il a été créé. Même son créateur gardait toujours à l’esprit que cette esquisse de langue internationale pouvait être complètement revue et corrigée, au point de ne plus ressembler à l’original (ce sont ses propres mots) si un groupe de gens compétents, donc de linguistes mais aussi d’utilisateurs éclairés, en décidait ainsi, à la lumière des nouvelles connaissances et découvertes en ce domaine. Plusieurs tentatives ont eu lieu par le passé toutes tuées dans l’oeuf par un puissant mouvement d’espérantistes conservateurs déterminés à ne pas lâcher ce que Zamenhof leur avait légué, libre de droit, et qui nous est présenté plus de cent ans après toujours sous la même forme, avec les mêmes erreurs à jamais figées.
Alors revenons à nos moutons, ce dont nous avons besoin est d’un vrai moyen d’intercommunication adapté à ce que nous sommes aujourd’hui. L’Espéranto a montré la voie, mettons-nous donc au travail, au moins pour honorer les courageuses tentatives du passé mais surtout pour résoudre efficacement nos problèmes de communication actuels, pas ceux d’hier ou de demain.