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Commentaire de Walden

sur Brutalité patronale et résistance ouvrière


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Walden Walden 30 avril 2009 14:27

« Il serait plus juste de parler de résistance ouvrière contre brutalité patronale » plutôt que de séquestrations et de plan sociaux... en effet, la terminologie n’est pas neutre.

C’est pourquoi, dans le même ordre d’idées, vouloir absolument parler de luttes des classes renvoie à une grille de lecture marxiste élimée par l’Histoire, avec l’inévitable connotation de projet de dictature du prolétariat qui lui colle à la peau. En ce sens, je rejoins l’intervention précédente.

Le concept de lutte des classes renvoie à l’idée d’une opposition nécessaire de catégories de populations. Alors qu’en réalité, d’une part il y a des milieux sociaux avec une probalité de reproduction sociale qui n’est pas strictement déterminante, d’autre part, il y a au sein de ces milieux des stratégies de connivence qui peuvent varier au gré des circonstances.

Vouloir résumer des phénomènes contingents de luttes sociales entre groupes d’oppression et d’opprimés, en termes de « classes » instituées revient implicitement à désigner « l’ennemi de classe », en faisant l’impasse sur ses motivations, qui ne sont pas d’ordre collectif, mais individuel : la course au profit, et celle au confort soumis du travail salarié, qui sont toutes deux des aliénations « symétriques » et interdépendantes.

Et se désigner un ennemi, qu’en tant que tel il faudrait tuer symboliquement, sinon réellement, cela évite d’avoir à résoudre cette équation insoluble de la dépendance mutuelle intrinsèquement liée à la relation aliénante du salariat, dont le paramètre constant est la production industrielle.

L’industrialisation pour la production de masse appelle le renfort du capital pour financer les infrasrtructures indispensables. Le capital cherche par là les moyens de sa rentabilité. Celle-ci se construit sur le dos des salariés.

Puis la production de masse a besoin de débouchés : c’est ainsi qu’on encourage la consommation de masse. Le salarié devient en même temps consommateur. Il est à la fois à un bout de la chaîne et à l’autre, et au milieu, le capital s’enrichit. Ce qui n’est qu’un effet du système. C’est pourquoi, vouloir remettre en cause le système, ce n’est pas seulement s’attaquer au capitalisme, qui n’est qu’un effet d’opportunisme. C’est remettre en question, et le mode de production de masse, autrement dit le modèle industriel, avec le corollaire de l’hyperconsommation, et la relation aliénante au travail, autrement dit le salariat.

Il faut donc imaginer une société d’individus volontairement sobres, et autonomes smiley


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