On peut grossièrement distinguer trois phases durant cette bataille :
- Le bombardement des convois britanniques (début juillet 1940 -début
août), appelé « Kanalkampf » (Combat dans la Manche) par les Allemands.
- La tentative de destruction de la RAF (de début août au 7 septembre 1940) ;
- Les bombardements de Londres et des grandes villes (jusqu’à octobre 1940), connus sous le nom de « Blitz » (Eclair) qui se poursuivirent jusqu’au printemps 1941.
Durant la première phase, l’aviation allemande se consacra à
l’attaque des convois de ravitaillement britanniques. Cette tactique
avait pour but d’isoler le Royaume-Uni et de forcer les appareils de la
RAF au combat.
Après un mois d’attaque des convois peu efficace (1 % du tonnage sous
pavillon britannique coulé), l’état-major allemand décida d’affronter
directement la RAF sur son sol. Pour ce faire, l’attaque des aérodromes
militaires britanniques et des usines de l’industrie aéronautique fut
ordonnée. Cette période démarra le 13 août 1940, jour baptisé Adler Tag (Jour de l’Aigle), le mauvais temps ayant repoussé d’un jour le déclenchement des opérations.
Le 15 août, persuadé que la RAF avait perdu près de 300 appareils
(soit la moitié de son effectif théorique) et que les avions basés dans
le Nord du Royaume-Uni avaient été déplacés plus au sud, la Luftwaffe
lance dans la bataille sa Luftflotte 5, basée en Norvège et au Danemark. Elle devait attaquer des objectifs en Écosse et dans les Midlands
mais les chasseurs de la RAF étaient toujours là et infligèrent des
pertes sévères (20 %) à la force d’attaque. La Luftflotte 5 fut retirée
de la bataille et ses appareils furent envoyés en renfort pour les
Luftflotten 2 et 3. Le 15 août étant un jeudi, il fut appelé « Jeudi noir » par la Luftwaffe.
Le 18 août
fut le jour le plus terrible pour les deux camps qui enregistrèrent le
plus de pertes ce jour. Les pertes de bombardiers en piqué Stuka furent telles ce jour-là que l’état-major allemand décida de les retirer en attendant des jours meilleurs.
Le 24 août se produisit un évènement qui changea le cours de la bataille. Un bombardier Heinkel He 111, croyant attaquer la raffinerie de Thameshaven, larga ses bombes par erreur sur Londres, un objectif qui ne devait être attaqué que sur l’ordre personnel de Hitler. En représailles, dans la nuit du 25 août 1940, la RAF parvint à lâcher quelques bombes sur Berlin. Hitler se lanca dans une violente diatribe contre les Britanniques « S’ils bombardent nos villes, nous raserons les leurs, s’ils lâchent des centaines de bombes nous en lâcherons des milliers ». Le bombardement de Berlin fut un échec personnel pour Göring qui avait juré que « Si une bombe tombe sur Berlin, vous pouvez m’appeler Maier »
(expression courante en allemand pour dire que quelque chose n’arrivera
pas). Hitler modifia sa stratégie et décida de bombarder les
populations civiles des villes britanniques et plus particulièrement de
Londres en guise de représailles.
Londres endommagé par les bombardements
Le 7 septembre,
un raid de plus de 100 bombardiers escortés par près de 400 chasseurs
fut envoyé sur Londres. Croyant que la cible de ce raid était en fait
les aérodromes de la RAF, le contrôle au sol britannique laissa les
chasseurs de la RAF couvrir ceux-ci, ce qui laissa le champ libre aux
bombardiers allemands. Ce changement permit à une RAF au bord de la
rupture de souffler. En faisant peser le poids de l’offensive sur les
populations civiles, les Allemands permettaient à la RAF de se
reconstituer.
Le 15 septembre, un raid massif fut envoyé sur Londres. Dans son poste de commandement, Hugh Dowding
vit les cartes se remplir de symboles représentant les ennemis en
approche. Demandant si tous les avions sont en l’air, on lui répondit
par l’affirmative. À la question sur l’existence de réserves, on lui
répondit de façon négative. À cette heure, plus de 370 avions
britanniques couvraient Londres. A la fin de la journée, les
Britanniques avaient perdu près de 40 avions, les Allemands plus d’une
centaine (chiffres contestés). Ce résultat explique que le 15 septembre reste dans les mémoires comme le « Battle of Britain Day », le jour de la bataille d’Angleterre.
On peut dire que cette deuxième phase de la bataille prit fin dans le courant du mois d’octobre.
À ce moment, l’Opération Seelöwe fut ajournée sine die et
l’effort allemand contre le Royaume-Uni s’amenuisa. Les bombardements
de villes britanniques continuèrent néanmoins mais avec une intensité
généralement moindre jusqu’au printemps de 1941 quand Hitler ramena le gros de la Luftwaffe vers l’est en prévision de l’invasion de l’URSS. Toutefois, quelques bombardements importants eurent encore lieu sur les villes britanniques, notamment au début du mois de novembre avec les attaques sur Coventry, Birmingham et Wolverhampton par exemple.
Les bombardiers allemands infligent à Londres les plus grands dégâts que la capitale britannique ait subis depuis le grand incendie de 1666.
Blitz
Pompiers en action après une vague de bombardements, 1941
Informations générales
Date
Septembre
1940 - 10 mai
1941
Lieu
Royaume-Uni
Issue
Lourdes pertes parmi les populations civiles britanniques ; échec stratégique pour l’Axe
Belligérants
Royaume-Uni
Troisième Reich
Italie
Commandants
Hugh Dowding
Hermann Göring
Pertes
43000 morts civils, un million de blessés, environ 1000 morts militaires
873 avions abattus, plus de 2000 morts militaires