@Phil
salut Force dayton collabos supplétifs de la violence coloniale sioniste en effet c’est une performance pour Israel
Peu de gens en dehors des cercles de
pouvoir à Ramallah et ses appareils de sécurité, connaissent les «
exploits » du général EU Keith Dayton qui est
officiellement chargé par l’administration de son pays de créer des
forces de sécurité palestiniennes sur de nouvelles bases, qui se
fondent sur l’instauration du contrôle de l’état (où il est ?) sur ses
frontières (lesquelles ?) dans le proche avenir.
L’article du journaliste Eu Thomas Friedman dans le NewYorkTimes du samedi 7 février (Beyond The bank , ndt) nous clarifie cette question.
Friedman dit que le général Dayton
l’a amené à la ville de Jénine pour lui montrer ces « exploits » et
qu’il était surpris de ce qu’il a constaté. Les membres de la deuxième
compagnie se sont alignés devant leur « maitre » (le qualificatif vient
de moi (d’Abdul-Bari Atwan, ndt)) étatsunien avec leurs mitraillettes
Kalachnikov en effectuant le salut militaire. Le général les salue à
son tour et il leur fait un discours en les flattant de leur noble
mission qui consiste à « prendre soin de leurs concitoyens dans ce
temps difficile, car c’est ainsi que se comportent les forces de
sécurité professionnelles ».
La
manière dont le général EU avait inspecté ces forces et comment il leur
a adressé la parole montre qu’elles exécutent ses ordres et qu’elles
accomplissent la mission que lui et son gouvernement décident, et non
pas un autre gouvernement ou une autre autorité. C’est lui qui finance,
qui décide et qui fixe les obligations.
Il semble que ces « forces de Dayton
» ont déjà commencé à accomplir leur mission et de la meilleure
manière, car elles se sont opposées aux manifestants avec efficacité en
les réprimant et en les arrêtant durant les manifestations de
solidarité et de condamnation des massacres israéliens dans la bande de
Gaza. En revanche, ces forces sont restées spectatrices quand, quelques
mois plus tôt, des colons ont attaqué les habitants d’al-Khalil
(Hébron, ndt) en agressant et en détruisant, au point que l’un des
dirigeants de ces forces a répondu aux demandes de ses concitoyens pour
intervenir afin de les protéger de la sauvagerie des colons, il a
répondu qu’il n’avait pas de consignes pour affronter les Israéliens,
mais seulement les Palestiniens.
Jénine
était l’une des villes à la résistance la plus féroce, et fut
considérée comme une base solide pour engendrer les candidats aux
opérations-martyres. Il suffit de constater que son petit camp (1 km
carré) a tenu pendant une dizaine de jours à l’offensive israélienne et
a réussi à faire tomber 26 tués et 36 blessés parmi les rangs des
forces d’agression, c’est-à-dire quatre fois les pertes de l’armée
israélienne pendant sa dernière agression sur la bande de Gaza. Ceci
explique pourquoi le général Dayton s’intéresse à cette ville et fait
d’elle le « diamant » de sa couronne d’« exploits » sécuritaires, qui
sont celui de briser les forces de la résistance à Jénine et la
généralisation de cette expérience sur toutes les villes palestiniennes
en Cisjordanie.
L’objectif de la
création de ces forces, de leur « engraissement » et des millions
dépensés pour leur entrainement, n’est pas la préparation pour la
construction de l’état palestinien, mais pour l’interdire et pour
pérenniser l’occupation en cours. En fait partout dans le monde, on
commence par créer l’état puis ses institutions sécuritaire et
politique, sauf en Palestine où le triangle est « renversé » ainsi que
les priorités, ce qui explique la poursuite de la colonisation,
l’usurpation des terres, et le creusage des tunnels sous la mosquée
al-Aqsa (les tunnels à al-Quds sont bons car ils sont israéliens même
s’ils aboutissent à l’effondrement des fondations d’al-Aqsa... Mais les
tunnels de Rafah sont diaboliques car ils sont utilisés pour faire
entrer la nourriture et les médicaments pour les assiégés).
Les
forces de sécurité de Dayton dont le nombre s’élève à 1600 hommes
jusqu’à maintenant, qui ont été entrainées en Jordanie et qui
s’apprêtent à intégrer 500 nouveaux membres, qui suivent des stages
d’entraînement similaires, ces forces ont une mission principale axée
autour de la protection des colonies, de la répression par la force de
toute résistance palestinienne et de la collaboration avec leurs
homologues israéliens dans ce domaine, c.-à-d. dans le meurtre de tout
sentiment patriotique.
Il est
clair que ces forces sont en harmonie avec les projets EU futurs pour
la Cisjordanie, et pour éviter la reproduction de l’expérience de la
bande [de Gaza], c’est-à-dire d’empêcher que la Cisjordanie ne devienne
une base pour la résistance. Tony Blair, l’émissaire du quartet, a
résumé l’avenir de la Cisjordanie en parlant de la nécessité de
concentrer les efforts sur l’infrastructure économique, et de la
préparer pour élever le niveau de vie des habitants en tant qu’étape
essentielle avant d’arriver à la création de l’état. Le premier
ministre britannique Gordon Brown a répété la même chose durant sa
dernière visite à Ramallah.
Benyamine
Netenyahou, le chef du parti Likoud et celui qui a le plus de chance de
gagner les élections israéliennes générales qui aura lieu demain, s’est
emparé de ce fil et a commencé de mettre l’accent dans sa campagne
électorale sur « la paix économique » avec les Palestiniens, et sur
l’engagement à ne pas rendre la Cisjordanie et le Golan à leurs
propriétaires arabes.
Le colonel
Radhi Abu Assidah, l’un des dirigeants des appareils sécuritaires du
général Dayton, a fièrement déclaré : « Nos fores possèdent maintenant
du professionnalisme et aussi un bon entraînement. Maintenant nous
disons aux gens : Vous pouvez manifester en solidarité avec Gaza, mais
vous devez faire cela d’une manière moderne ».
Ce
que le colonel Radhi entend par cette manière moderne, c’est que les
gens doivent être comme les peuples d’Alaska ou d’Islande, ils doivent
se contenter d’allumer des bougies et de faire des prières pour les
victimes de la sauvagerie israélienne. Tout autre acte à part cela sera
réprimé par les matraques, ou par les tirs de balles et la torture dans
des camps de détention.
Mais
comment les gens de Cisjordanie vont manifester d’une manière civilisée
alors que les soldats israéliens les humilient tous les jours aux
points de contrôle, confisquent leurs terres, démolissent leurs
mosquées et lâchent sur eux les colons pour les agresser, détruire
leurs plantations et arracher leurs arbres ?
Dans
le passé on parlait de la solution à deux états. Maintenant on parle de
la « paix économique », ce qui veut dire de transformer le peuple
palestinien en un peuple qui se fait acheter par les denrées de
subsistance et les salaires mensuels payés par les états donateurs, en
échange d’oublier totalement sa cause nationale. Quant à celui qui
désobéit, les forces « professionnelles » et « bien entraînées » du
général Dayton sauront comment s’occuper de leur cas avec la méthode
adéquate.
Gidi Grinstein le
président de l’institut israélien Reut, un « réservoir de cerveaux »
qui fournit des études consultatives au gouvernement, décrit la mission
de Dayton comme une « tâche lumineuse dans un paysage détruit et sur
laquelle on peut bâtir, car la question ce n’est pas seulement la
terre, mais aussi comment la remplir ».
Il
est clair, selon nous, qu’il propose deux réponses à cette question :
soit de remplir cette terre par de nouveaux colons, ou bien d’importer,
d’un autre endroit du monde, un autre peuple capable de vivre selon les
manières israéliennes. Car le peuple palestinien ne peut entrer dans
aucun de leurs moules.
C’est
certainement un avenir obscur qui attend le peuple palestinien à
l’ombre du général Dayton, de ses projets et de ses adeptes, mais ce
qui est encore plus obscur, à notre avis, c’est l’existence d’une
autorité palestinienne qui le laisse faire, lui donne une « couverture
légale », lui fait le salut militaire par admiration et par
reconnaissance, et qui ne tarit pas d’éloges pour ses grands « exploits
» en faveur du peuple palestinien.
Abdel Bari Atwan