Que fera Barack Obama de la nuisance
d’Israël face au droit de résistance palestinien ?
Par Farid DAOUDI, journaliste
En dépit d’un cessez-le-feu précaire vis à vis de la Résistance, Israël
persiste, malgré l’échec de ses agressions sanguinaires, à espérer une
capitulation des Palestiniens. Visant à saper leur résistance, Israël mobilise
d’autres potentiels et fait appel à des appuis diplomatiques et militaires
internationaux. Il continue de fermer les terminaux et de resserrer l’étau
autour de la bande de Ghaza et il place la Cisjordanie sous une
chape de plomb.
Les prétextes ne manquent pas pour persécuter les
Palestiniens : Comment empêcher la contrebande d’armes ? En obtenant cette
complémentarité internationale et plomber le blocus qui avait poussé, ne
l’oublions pas, la résistance à tirer des roquettes.
La politique hostile israélienne motivée par des raisons
électoralistes (et de survie) a préféré froidement le carnage au dialogue,
faisant surgir une condamnation citoyenne mondiale. Les nations occidentales
ont finalement découvert la face laide d’Israël qui n’a réussi qu’à s’attirer
un mouvement de réprobation, de colère et un appel général aux sanctions et au
châtiment.
Le refus obstiné d’Israël d’ouvrir les terminaux pour
acheminer les aides humanitaires et médicales est un crime de guerre aussi bien
qu’un génocide qui a commencé par des attaques avec des armes inappropriées et
illégales (usage de bombes au phosphore blanc et autres armes prohibées) contre
les civils (femmes, enfants, malades ou vieillards) dans la bande de Ghaza. Les
organisations internationales sont interpellées pour s’impliquer plus
directement, par une intervention réelle si elles souhaitent mettre un terme au
génocide, aux regains de tensions, en vue de garantir l’instauration d’une
véritable trêve.
L’Egypte fait dans l’absurde en fermant le terminal de Rafah
à la circulation des personnes et des biens, alors que le contrôle sécuritaire
est possible ; après ses entraves discriminatives à l’égard de la presse, à
l’entrée de la bande de Ghaza, elle filtre sélectivement l’aide humanitaire
internationale en direction d’une population en détresse extrême, refusant les
cargaisons de l’Iran, affichant son obédience politique dans ce jeu trouble de
la collaboration avec Israël. L’Egypte a de facto politisé l’aide humanitaire.
A contre-courant de la solidarité populaire envers la population ghazaouie,
l’Egypte s’associe servilement au blocus israélien de la bande de Ghaza.
Le monde respecte les valeurs et ceux qui se respectent, qu’il
s’agisse d’humanité ou de légalité.
Israël décide arbitrairement de rouvrir à ses frontières les
points de passage à Ghaza pour un acheminement au compte-goutte de l’aide
humanitaire, de carburants et des produits alimentaires et médicaux de première
nécessité pour la population toujours en état de choc. Tout Comme il décide de
les refermer aussitôt alors que le gouvernement israélien a refusé l’appel du
nouveau Président américain Barack Obama pour la levée du blocus imposé contre
Ghaza et l’ouverture des terminaux pour des raisons humanitaires et médicales.
Autre façon d’attiser la tension, la France s’est empressée de
dépêcher la frégate porte-hélicoptères Germinal au large de Ghaza pour
contribuer à la lutte contre la contrebande d’armes, au lieu de jouer un rôle
conciliant et pacificateur. Pour protéger l’agresseur israélien, lui emboîtant
le pas, des pays européens ou autres s’associent à la France en participant à des
opérations de surveillance de Ghaza par terre, mer et air. L’objectif est
d’empêcher l’arrivée d’armes dans la bande côtière. Cette situation prend une
tournure plus tragique. Le peuple palestinien est assiégé par l’occupation et
se trouve en proie à davantage d’étouffement, sous prétexte de stopper le
trafic d’armes. Le pourrissement de cette situation ne peut plus tolérer
l’attente. Les dissensions palestiniennes avaient déjà fragilisé les droits de
ce peuple. De surcroît, le Mouvement du Hamas, en regain de popularité au sein
d’une résistance palestinienne réunifiée, n’est pas de nature à capituler,
s’attachant à des positions sans concessions politiques. Il refuse de répondre
aux appels du Président Abbas à former un gouvernement d’union nationale sans
conditions négociées.
L’aide internationale pour la reconstruction urgente de Ghaza
est aussi conditionnée par une réconciliation des factions rivales
palestiniennes au sein d’un gouvernement d’union nationale. Le mouvement Hamas
a la légalité pour lui, contrairement à Israël. Il n’est guère un mouvement
terroriste comme le déclarent certains fieffés menteurs et falsificateurs de
l’Histoire. Il ne fait que défendre son peuple opprimé et spolié. Il n’enfreint
aucune loi, du fait qu’il est représentatif et élu démocratiquement pour
revendiquer la justice et liberté pour son peuple. Sauf ingérences, les
divisions interpalestiniennes sont surmontables, ce qui faciliterait les
capacités du nouveau Président américain Obama d’adopter une vision positive de
la cause palestinienne ; celui-ci est soumis à deux incitations fortes : d’une
part, le droit du mouvement Hamas à défendre les intérêts nationaux
palestiniens constitue une assurance stratégique et un atout capital pour une large
frange de la population palestinienne, et d’autre part, l’influence du lobby
sioniste en de nombreux centres de décision névralgiques, qui rend plus
difficile l’implication d’une nouvelle Administration américaine sous la férule
d’Obama, enclin à améliorer l’image des Etats-Unis dans le monde, et en
particulier au Proche-Orient.
Celui-ci doit se rendre à l’évidence qu’Israël est une
réelle menace contre la paix, incarnant le non respect des droits de l’homme.
Depuis 1947, Israël a exercé une violence continuelle sur le peuple
palestinien, le contraignant à force de tueries et de destructions à quitter
les terres qui lui avaient été attribuées par un Plan de partage recommandé,
non ordonné, non obligatoire (par l’Onu de l’époque) et donc jamais accepté
puisqu’à aucun moment, le peuple palestinien n’a été consulté. Il n’a jamais pu
exercer son droit inaliénable et internationalement reconnu de disposer de
lui-même. Tout peuple a le droit de se défendre lorsqu’il est victime d’un
oppresseur : ce qui confère une légitimité certaine à tout acte de résistance.
Malheureusement, aujourd’hui, on se concentre encore une
fois sur un nouvel épisode, horrible, celui d’une immense tragédie à
répétition, et l’on a tendance à oublier les soixante et un ans passés, avec
son infinie série de massacres et de villages détruits, les spoliations et
exactions multiples, l’occupation systématique et illégale des terres, la
destruction systématique et continuelle des maisons palestiniennes, des
oliveraies, des champs, du bétail, on oublie le Mur, les check-points, les
assassinats, les attaques des colons, la convoitise des réserves gazières au large
des côtes de Ghaza, les mille affronts journaliers que le peuple palestinien a
subis et continue de subir depuis trois générations, et cela en toute impunité.
Bref, l’on verra bien si le changement d’Obama se rangera du
côté de la légalité internationale, puisqu’il manifeste une volonté sincère
d’instaurer une paix juste et durable prenant en compte les droits inaliénables
du peuple palestinien.