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Commentaire de Zorbec Legras

sur Hier, gardiens de la paix, aujourd'hui, forces de l'ordre


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Zorbec Legras (---.---.71.55) 10 novembre 2006 12:31

La distinction entre « gardiens de la paix, aujourd’hui forces de l’ordre » n’est pas fortuite, car depuis le 11/09/2002 sous prétexte de « lutte anti-terroriste » on a vu l’arsenal répressif s’étoffer considérablement tant au point de vue législatif (avec les lois Perben 2 introduisant le prélèvement obligatoire d’empruntes ADN pour tout les délits sauf pour les délits financiers) que attitude des policiers sur le terrain. Au point que l’on assiste à une telle régression des libertés publique que l’on assiste à une vraie criminalisation du citoyen, nous sommes tous soupçonné d’être des voleurs, des pédophiles,ou des contestataires dangereux remettant l’état et la police en question. Cet état de fait est imputable à 90% à une seule personne, Nicolas Sarkozy dont le but ultime est bien sûr la prise de pouvoir. Je pense que les policiers eux-mêmes sont les victimes de l’ambition forcenée de leur ministre (le fossé n’a jamais été si grand entre eux et la population).

Laissez moi vous citer cet extrait d’un rapport d’ « Anmisty International » :

"Mauvais traitements infligés par des agents de l’État

Les statistiques publiées en mai par la Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS), organe de surveillance de la police et des prisons, laissaient apparaître que le nombre de saisines pour actes de violence ou brutalités imputables à la police avait presque doublé en 2003 par rapport à l’année précédente. La CNDS a préconisé des réformes structurelles de grande ampleur. Les organes chargés d’enquêter sur les plaintes déposées contre des policiers à Paris et dans les autres régions ont constaté, pour la sixième année consécutive, une augmentation du nombre de ces plaintes. Elle dépassait les 9 p.cent en 2003 par rapport à l’année précédente. Les policiers continuaient de bénéficier d’une impunité de fait : les plaintes étaient souvent classées sans suite ou n’étaient traitées par la justice qu’avec retard. En revanche, celles déposées par des policiers pour outrage et rébellion étaient généralement examinées sans délai par les tribunaux.

En octobre, la CNDS a conclu que l’Inspection générale des services (IGS), l’organisme chargé d’enquêter sur les plaintes déposées contre des fonctionnaires de police dans la région parisienne, avait mené une enquête inefficace sur une attaque raciste lancée par des policiers contre des membres de la communauté kabyle qui fêtaient la nouvelle année à Paris. Au mois de décembre, la commission Citoyens-Justice-Police, regroupant des associations de défense des droits humains et des juges, a signalé que 60 p. cent des victimes d’actes de violence imputables à des policiers entre les mois de juillet 2002 et juin 2004 étaient des étrangers. Les 40 p.cent restants étaient des Français dont beaucoup avaient apparemment été pris pour cible parce qu’ils semblaient être d’origine étrangère.

Dans un rapport publié en mars à la suite de visites effectuées en 2003, le Comité européen pour la prévention de la torture et des peines ou traitements inhumains ou dégradants (CPT) a de nouveau déploré que, dans certains cas, les autorités ne permettent aux détenus de rencontrer un avocat que trente-six heures après leur placement en garde à vue. Le CPT a souligné que tout un chacun devait pouvoir consulter un avocat dès le début de la privation de liberté ainsi que durant les interrogatoires, ce qui n’est pas le cas actuellement.

En avril, Sukwinder Singh, demandeur d’asile, aurait été brutalement frappé par un policier dans le quartier de la Goutte d’Or à Paris. Le policier aurait cogné la tête de ce vendeur à la sauvette contre une voiture et il lui aurait donné des coups de poing au visage et sur le corps, avant de lui passer des menottes et de l’emmener au commissariat. Sukwinder Singh, qui s’est ensuite évanoui dans la rue, a dû recevoir des soins à l’hôpital. Selon certaines informations, le policier l’avait déjà brutalisé au début de l’année et lui avait réclamé de l’argent. La plainte déposée auprès de l’IGS n’avait, semble-t-il, pas été suivie d’effets à la fin de l’année.

Au mois de novembre, Abdelkader Ghedir a eu une fracture du crâne après avoir été interrogé par des policiers et des membres de la Surveillance générale (SUGE), le service de sécurité interne de la Société nationale des chemins de fer français (SNCF), qui l’accusaient d’avoir jeté des pierres sur des trains. Ce jeune homme est tombé dans le coma et il a été hospitalisé. Trois membres de la SUGE ont été mis en examen pour violences volontaires ; l’un d’entre eux, qui aurait donné un coup de genou à la tête d’Abdelkader Ghedir, a été placé en détention provisoire. Les autorités ont refusé de confier une enquête à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), alors que des policiers présents sur les lieux avaient, semble-t-il, été témoins des violences alléguées.

Mise à jour : en décembre, le tribunal correctionnel de Nanterre (Hauts-de-Seine) a condamné deux policiers du commissariat d’Asnières à huit et quatre mois d’emprisonnement avec sursis pour des violences volontaires exercées en 2001 contre Yacine (pseudonyme), un adolescent de seize ans. Les violences « allaient bien au-delà de l’usage raisonné de la force », a estimé le tribunal. La substitut du procureur avait requis la relaxe. Yacine, qui avait dû recevoir des soins en urgence, a subi l’ablation d’un testicule. Les policiers ont interjeté appel de leur condamnation."


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