La vocifération contre les Etats Unis est le signe distinctif de la bien pensance en France. Elle est très majoritairement représentée dans ce forum. Clémenceau, G. Duhamel, Maurras, Laval, Pétain, Thorez, De Gaulle, JP Sartre avaient, quelles que soient leurs divergences, trouvé ce point d’entente tout au long du siècle dernier. Le rôle déterminant des USA par contraste avec le rôle mineur de la France dans la lutte contre le fascisme, le nazisme, le stalinisme et l’islamisme terroriste n’y a rien changé. J’ai quand même du mal à croire que ce puisse être la cause première de cette animosité persistante.
L’apparente réconciliation de R. Aron, un des rares intellectuels français pro-atlantistes avec JP Sartre le chantre de l’URSS dix ans avant l’effrondrement du rideau de fer, au plus fort de la fuite des boat people du Vietnam « libéré » et passé dans le camp du totalitarisme paraissait pourtant hautement symbolique. Mais rien ne peut tarir l’antiaméricanisme qui ressemble à du ressentiment face au déclin français qu’illustre de façon terrible la pitoyable équipée de l’ex-Clémenceau. Greenpeace a bien vu sur quelle ambulance il pouvait tirer. Qui peut croire encore à l’influence internationale de la France et de ses beaux esprits ? L’antiaméricanisme, comme les récriminations contre Bruxelles et l’Union européenne ne sont ils pas une façon de détourner l’attention devant l’incapacité des forces politiques françaises à combattre depuis 30 ans le cancer du chômage et à affronter les défis du futur dans un monde qui se transforme à vive allure. La politique du passager clandestin qui profite du train que les autres paient et font marcher, ne peut conduire très loin. C’est bien pratique de laisser les autres combattre Hitler, Staline et le fanatisme islamiste. Mais c’est une vue de court terme, démoralisante et démobilisante au bout du compte .