Paul,
A Florence je suis allé revoir les merveilleuses fresques de Fra Angelico au couvent San Marco et à Sienne j’ai admiré les fresques découvertes il y a à peine 10 ans dans le baptistère du Duomo. Absolument splendide et dans un état de conservation impensable.
Entre ce Duomo et Buren Il y a 6 siècles d’écart.
Il n’est pas question de comparer des réalisations si différentes, mais de trouver des influences, des similarités, des antériorités.
Croyez-vous que le premier architecte italien de la renaissance qui osa
appliquer un parement en marbre rayé de noir et blanc, ne fut pas lui
aussi pris pour un avant-gardiste incompréhensible de la plus-part de
ses contemporains ?
Pourquoi ne faisait-il donc pas comme ses
prédécesseurs ?
A quelle époque aurait-il fallu figer l’art ?
L’écriture picturale évolue, les artistes ont le besoin, la nécessité d’explorer de nouvelles formes d’expression.
Encore une fois je n’apprécie pas spécialement Buren, mais votre critique m’incite à en savoir plus sur lui et sur sa démarche. Quand un artiste dérange à ce point, pour des réalisations somme toute assez classiques, c’est qu’il doit toucher un point sensible.
Pourquoi ces rayures inoffensives suscitent-elles autant de réactions de rejet ?
Buren est dans une recherche graphique d’économie de moyens. Il joue avec la géométrie, avec les contrastes. Il simplifie les formes.
Je conçois parfaitement que l’on n’aime pas ou que l’on soit insensible, mais ce rejet brutal, cette condamnation me surprennent. Il y a là une forme d’intolérance envers ce que l’on ne peut pas percevoir soi-même.