• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile


Commentaire de SamT

sur La professionnalisation des petits boulots


Voir l'intégralité des commentaires de cet article

SamT (---.---.124.107) 22 février 2006 12:16

Magnifique, des entreprises s’intéressent au CESU ! Voilà qui prouve « qu’il y a un business ». Enfin, je vais pouvoir trouver facilement une femme de ménage... remarquez, je ne m’étais jamais inquiété à ce sujet : elles me semblent nombreuses (heureusement pour le vivier de demandeurs d’emploi !), les femmes qui cherchent un travail pour financer les études de leurs enfants / payer leurs propres études / éviter l’enfer du RMI / assurer leur indépendance d’après divorce. Bon, ce ne sera pas la même tous les soirs, mais quelle importance ? Finalement, ai-je besoin de lui dire bonsoir, de la connaître ? Elle n’est finalement qu’une prestataire de service qui nettoie mon lieu de vie. Et qu’importe si, privée d’une relation cordiale avec son employeur, elle se trouve un peu plus isolée... c’est le lot de chaque travailleur dans cette jolie société de service, non ? Bon, j’avoue tout de même une petite inquiétude : le travail sera-t-il aussi bien assuré, alors que cette femme ne me connaitra pas ? Devrais-je expliquer chaque jour de quelle façon je veux voir pliés mes pantalons et repassées mes chemises ?

Bref, grâce aux entreprises qui vont trouver un business, tout va aller mieux. Ces entreprises vont créer de l’emploi, donc de la croissance (il faut poser le mot dans toute discussion sur l"actualité économique ou sociale, semble-t-il). D’ailleurs, comment vont-elles financer ces emplois supplémentaires ? La femme de ménage aurait été rémunérée, de toute façon... mais l’on ajoute des intermédiaires, qui prélèveront une marge pour assurer les frais de fonctionnement, ainsi que leur bénéfice. Je vais donc rémunérer une femme de ménage inconnue, moins cher que celle que j’aurai pu avoir dans l’époque préhistorique où les services étaient humains.

Bon, je l’avoue, je n’ai pas encore de femme de ménage. Mais quand j’en chercherai une, vous me croiserez, discutant avec la boulangère qui me racontera qu’elle connait une amie de son fils qui, la pauvre, n’habitant plus chez ses parents, doit financer ses études... je la paierait un peu plus cher que ce que la loi du marché me le permettrait, je la saluerai, nous prendrons un petit apéro ensemble de temps à autre. Je vous laisse envoyer votre mail à votre médiateur pour prestataire de services. Et je continue à contruire un monde moins anonyme au quotidien pour mes futurs enfants...


Voir ce commentaire dans son contexte





Palmarès