• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile


Commentaire de membrado

sur Le Web participatif


Voir l'intégralité des commentaires de cet article

Miguel Membrado membrado 20 novembre 2006 23:07

@Am

J’ai bien fait mention qu’au début de l’internet nous avions connu cette sorte d’effervescence que nous connaissons aujourd’hui, Qu’il y ait des groupes d’« initiés » qui depuis le début de l’internet aient sans arrêt interagit entre eux, c’est évident, le succès des forums et des salles de chat en témoignent, mais ce qu’a apporté le web 2.0, c’est le fait que le commun des mortels peut s’approprier les outils et peut interagir librement avec n’importe quel autre commun des mortels. Si ces nouveaux outils que sont le blog et les réseaux sociaux en particulier n’avaient pas si profondément modifié les usages passés, comment expliquerions-nous qu’il y ait eu apparition en moins de 3 ans de 57 millions de blogs, que ce nombre double tous les 6 mois, et que plus de 100 millions de personnes se soient abonnées à un réseau comme mySpace en deux ans et quelques ? N’est-ce pas un phénomène de société dépassant largement le cadre des « outils » d’échange précédents ? Ce n’est pas la maturation qui est le facteur déterminant, bien qu’elle soit évidemment réelle, mais le changement de paradigme des outils utilisés, qui ont favorisé l’adoption massive là où les outils précédents ne la favorisaient pas.

Quant au phénomène du contenu, le Web 2.0 a apporté le « user-generated content », là où avant, à part les pages persos fort peu utilisées dans la réalité si on compare à la vague actuelle, car fort peu pratiques, les gens ne produisaient pas de contenu en ligne. Ils produisaient des contenus dans des fichiers de type bureautique, et l’email, qui pourtant était le premier outil à venir permettre une publication directe inter-individu sans passer par un fichier, servait de plus en plus à transférer ces fameux fichiers d’un individu à l’autre, au sein des entreprises, mais également entre particuliers. Là où l’ère à changé, c’est que depuis quelques années, et en particulier dans le grand public depuis l’apparition des blogs, ce n’est plus l’échange de fichiers (et leurs contenus) qui est la norme, c’est la production de contenu direct en ligne, dans un format structuré (le blog crée une structure de fait), et l’inter-action en ligne autour de ce contenu, qui sont la nouvelle norme. J’ai appellé cela l’ère du contenu au regard de l’ancienne ère, celle du fichier, où le contenu était produit directement dans un container local, nécessitant une application informatique spécifique pour le lire, ne pouvant être lu en un seul clic à l’écran. L’ère du contenu, c’est l’ère où le contenu est produit sans aucun intermédiaire, ni technique (le fichier, et je ne parle pas du back office, je parle du point de vue de l’utilisateur final), ni humain. Je veux publier, je me connecte en ligne, j’écris, je publie, c’est directement visuable avec une application universelle (le browser), et c’est directement interagissable avec mes lecteurs grâce aux nouveau formats participatifs. La différence est énorme, car elle crée un degré de liberté supplémentaire par rapport à l’existant précédent, d’où son adoption massive là encore.

Peut-être votre expérience depuis des années d’utilisateur avancé de l’internet vous empêche-t-elle de prendre le recul nécessaire pour qualifier cette vague, car effectivement de ce point de vue là, on peut penser que seuls les formats ont changé, mais c’est une évolution toute autre à laquelle nous assistons, c’est celle où tout individu, quel qu’il soit, peut 1/ s’approprier individuellement l’outil de publication de contenu en ligne et 2/ interagir librement avec n’importe quel autre individu, y compris des gens jusque là quasiment inatteignables (hommes politiques, écrivains, philosophes, experts, ...) pour le commun des mortels.

Nous assistons donc à un applatissement des structures « hiérarchiques » naturelles, et c’est bien en cela que le web est devenu participatif, de même que la démocratie va devenir également participative dans les années à venir, l’évolution est conjointe, l’un permettant à l’autre de se réaliser en libérant définitivement le besoin participatif de l’être humain.


Voir ce commentaire dans son contexte





Palmarès