Entretien très intéressant. Une
petite réflexion sur la Chine. Dire
que ce n’est pas un pays démocratique est aller un peu vite en besogne quand on
compare avec la France. Bien
sûr, si on compare avec la
Suisse ou avec les pays du Nord, c’est autre chose. Au sein
du parti, il y a différents courants, comme chez nous au sein de l’UMPS :
un courant UMP, un courant PS. Les autres mouvements ne peuvent pas accéder au
pouvoir, ils sont là pour décorer. Et le scrutin à un tour qui s’annonce
accentuera le phénomène. J’observe également qu’en Chine, dans chaque région
nous avons un pouvoir bicéphale : un représentant du parti et un
représentant du peuple. Mais en France c’est la même chose. Le préfet qui est
nommé mais pas élu impose ses décisions aux maires. Finalement, en France,
comme en Chine, c’est l’Etat qui dirige tout. Et il ne faut pas croire qu’en
Chine le peuple se tait quand il a quelque chose à dire. J’ai été témoin d’une
manifestation contre l’implantation d’une usine chimique. Cette usine est allée
s’implanter ailleurs.
Le système éducatif chinois dans
le secondaire est très performant, en ce qui concerne les écoles de ville. Mais
le système éducatif supérieur est nul. Il n’y a que 3 bonnes universités. Ailleurs,
c’est la corruption généralisée. Voilà pourquoi tous les Chinois de bonne
famille vont faire leurs études à l’étranger. Une grande partie de l’avenir se
jouera dans la performance des systèmes éducatifs. En ce domaine se livre une
grande bataille à Singapour, l’une des clefs.
La vision de l’interviewé sur l’Allemagne
est tout à fait correcte. Et la
France ferait bien de réactiver la francophonie, c’est sa
seule chance de peser… si ce n’est pas trop tard. En tout cas l’Europe est une
supercherie. Une façon de contourner le vote des citoyens par l’instauration d’institutions
supranationales au pouvoir important, mais dont une grande partie des membres n’est
pas élue. C’est quand même risible de voter pour un Président de la République, des députés
et des maires pour qu’au final des commissaires européens nous imposent leur
diktat sous la pression des lobbies.
Il faut qu’il y ait une
révolution (retournement au sens étymologique), oui. Mais une révolution légale
et démocratique dont le résultat doit aboutir à l’instauration d’un système
horizontal, pas vertical. La démocratie directe en lieu et place de la
démocratie représentative qui est inadaptée au monde d’aujourd’hui. A l’heure
où selon le Journal of the American Society for Information Science, la connaissance que détient l’humanité
double tous les vingt mois – tous les 18 mois selon les neuroscientifiques -,
rien de plus normal. Le système représentatif ne représente plus rien ; il
a capté le pouvoir et tenu à l’écart le citoyen dont le rôle ne se résume plus
qu’à voter pour Pierre ou Paul qui appartiennent à la même famille.
L’Assemblée Nationale doit se réapproprier le pouvoir législatif. Ses
membres doivent être tirés au sort parmi les citoyens pour examiner une loi d’initiative
populaire. Un collège d’experts aux avis différents forme ces citoyens pendant
une durée qui dépend de la complexité de la loi à examiner, afin de garantir la
pluralité et l’indépendance. Le tout est encadré par des juristes. La loi
examinée et votée, ces députés temporaires cèdent la place à d’autres. Et l’exécutif
exécute. La vie de la Cité
est l’affaire de tous, pas des partis dont les membres se cooptent, en l’absence
de tout processus démocratique. Quand David Douillet est député, tout le monde
peut le devenir. Pour être député, faut passer à la télé ! Ce système de
tirage au sort éloigne les lobbys, évite que des gens soient repérés très
jeunes par des associations qui veulent les mettre au pouvoir. Plus de
corruption possible, de magouilles en coulisse.
Si c’est une révolution pour dire merde aux américains et embrasser les
russes, quel intérêt ? Les américains ne sont pas des ennemis, mais des
partenaires. Ce n’est pas de leur faute s’ils dirigent le monde, mais celle de
nos dirigeants qui ont laissé faire depuis de Gaulle. C’est la faute du manque
de volonté.