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Commentaire de Toubib56

sur Grippe H1N1 : Tous sous Tamiflu ?


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Toubib56 Toubib56 18 décembre 2009 14:39

@ Namja :

Je pense qu’on s’écarte un peu du sujet « Tamiflu », mais je prends le temps de te donner mon avis sur ta remarque.

Plusieurs remarques rapides :

> Tout d’abord la définition de l’OMS, très large, n’a pas de valeur normative pour le soignant en pratique. Cette définition est non contraignante en pratique courante. Dans les faits, c’est plutôt le patient, dans l’échange singulier avec son médecin, qui manifestera une plainte, un état de non-santé ressentie. C’est bien davantage la plainte du patient qui aura valeur de « non-santé » qu’une quelconque définition fut-elle de l’OMS.

> Les implications économiques de la santé sont une réelle question. Du point de vue du médecin, il me semble essentiel de préserver au maximum son jugement de tout conflit d’intérêt, d’interférences liées à des intérêts économiques. Il existe tout un mouvement au sein du monde médical en France qui est attaché à cette « indépendance » des médecins vis à vis des laboratoires pharmaceutiques, mais également vis à vis des institutions gouvernementales. Indépendance ne veut pas dire rejet ou approbation systématique, mais liberté assumée d’approuver ou de rejeter tel médicament, telle recommandation en visant avant tout le bien réel du patient, ce qui concrètement veut dire une balance bénéfice/risque clairement favorable au profit du patient. La Revue Prescrire est probablement l’organe fédérateur naturel de ce mouvement (minoritaire cependant...) au sein du monde médical en France. Cette démarche repose notamment sur une analyse exhaustive et croisée de la littérature existante. On peut rattacher à ce courant tout ce qui concerne ce que l’on appelle l’EBM (Evidence Based Medecine), la médecine basée sur les preuves... Une telle attitude est exigente pour le prescripteur, tant en terme intellectuels que en temps investi.

> Une « protection » simple face à tout conflit d’intérêt que peut adopter chaque médecin est de ne plus recevoir les « visiteurs médicaux » que l’on devrait plutôt appeler « représentants médicaux » qui sont en pratique assez chronophages et ne présentent leurs médicaments en vue d’une prescription plus grande par le médecin démarché. Cela tourne parfois au quasi-harcèlement d’ailleurs... Lorsque l’on sait que le coût total annuel pour les laboratoires pharmaceutiques de la « visite médicale » des médecins est de 25 000 Euros par an et par médecin (source IGAS), on se doute bien que ce n’est pas dans un simple but philanthropique ! (Voir : http://www.lefigaro.fr/sciences/20071106.FIG000000013_les_visiteurs_medicau x_epingles_par_l_igas.html)

> Une autre protection simple pour le médecin est de baser (avec un regard critique cependant) ses comportements de prescripteur sur les référentiels fixés par l’HAS (Haute Autorité de Santé) pour la plupart des affections de longue durée et pathologies courantes. Voir : http://www.has-sante.fr



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