Il m’est jamais venu à l’idée de « railler » F.Bayrou, c’est un procès injuste que vous me faites.
Je me pose simplement des questions quant aux nombreuses interventions que l’on entend ici et là.
Chacun a sa sauce nous promet « une révolution » en 2007. Ca ne vous a pas effleuré ?
Pourtant, si l’on regarde attentivement de droite à gauche(parce que je suis droitier) :
JM Le Pen nous promet un changement radical de politique d’immigration, d’emploi, de défense, internationale etc...
N.Sarkozy nous promet lui une « rupture tranquille », drôle de référence au passage à la « force tranquille » de Mitterand en 1981. Redistribution du pouvoir exécutif.
F.Bayrou promet le changement par le consensus, par un gouvernement dépassant les clivages traditionnels droite/gauche. 6ème république.
S.Royal nous veut une politique par la preuve et instaurer un « ordre juste » et un chamboulement dans la démocratie avec celle dite « participative » et 6ème république.
Enfin, MG Buffet, O.Besancennot, A.Laguiller sont quant à eux pour une rupture avec le libéralisme économique.
Si l’on regarde de suffisament loin, on se rend compte sans difficulté que tous les candidats promettent sans exception une transformation profonde s’ils sont élus. Ce sont des transformations sans doute à différents niveaux et parfois de degré divers mais elles apparaissent comme suffisament importantes pour se convaincre qu’il y aura un changement quoiqu’il advienne, changement positif ou négatif chacun sera juge. Et c’est pour cette raison que l’élection de 2007 sera capitale surtout que Chirac va disparaître vraisemblablement de la scène politique après 12 ans de pouvoir, changement sûr dans la visibilité et dans la pratique du pouvoir.
Mais pourtant, malgré un état très centralisé, et un pouvoir fort du président, ce dernier ne peut pas tout !
Il reste l’Assemblée avec les législatives qui ne sont gagnées d’avance pour personne et surtout le Sénat qui reste un filtre important et qui a toujours disposé de la même majorité depuis sa création en 1958.
Et au delà de ces institutions restent les collectivités territoriales qui s’organisent grâce aux deux lois de décentralisation, 1982 et 2004 les majeures mais aussi les quelques 1500 décrets de décentralisation, en véritables contre-pouvoir ! Aujourd’hui, élire un président qu’il qui soit n’est pas du tout l’assurance d’un changement profond.