Les auteurs de ces rapports ont inventé un nouveau terme alambiqué : « la langue code », à la place de « langue anglaise », sans doute pour ne pas froisser ceux qui trouvent que les pro-anglicistes en font un peu trop... Pourtant il me semble que le terme de « code » s’appliquerait mieux au morse, voire à l’esperanto...
Effectivement, parler de « futur citoyen européen polyglotte » relève du délire et on voit bien que c’est dit pour rassurer les gogos et faire passer la pilule anglophone.
Il est évident que derrière le problème des langues concurrentes, il y a de gros enjeux économiques et culturels. Les grands pays luttent pour garder quelques prérogatives dans le concert mondial, mais qu’en est-il des petits pays, les plus nombreux ? Personne ne s’inquiète d’eux et ils vont être laminés par la langue la plus impérialiste ( suivez mon regard...), sans avoir un mot à dire. C’est déjà d’ailleurs bien commencé.
Quant à la « francophonie », il faut se battre pour garder nos positions, tant que faire se peut, d’accord, mais ne tombons pas dans le travers impérialiste de notre principal concurrent ce à quoi me fait penser la phrase de Léopold Sédar Senghor pour lequel « La francophonie, c’est cet humanisme intégral, qui se tisse autour de la terre, cette symbiose des énergies dormantes de tous les continents, de toutes les races, qui se réveillent à leur chaleur complémentaire ». L’impérialisme culturel est aussi un impérialisme.
La position dominante actuelle de l’anglo-saxon est un fait que beaucoup considèrent comme un fait acquis irréversible. C’est simplement la PREUVE que la mondialisation a BESOIN d’un langage commun pour communiquer dans un monde rétréci comparable à un gros village, mais un gros village où chacun souhaiterait conserver sa culture, du moins le plus longtemps possible, car, il ne faut pas se faire d’illusion, une culture mondiale s’installe peu à peu et personne ne peut s’y opposer. Mais ce que chaque peuple souhaitera garder ne sera possible que si on peut communiquer dans une langue neutre qui ne sera ni l’anglais, ni le français, ni le chinois...