Toute religion porte le risque de violence dès lors qu’elle s’affirme sur le plan politique et qui plus est sous la forme de la religion d’état, entant vérité globale sur le sens de l’existence individuelle et collective que l’on pose comme comme indissociable.
C’est pourquoi il faut faire des distinctions entre religion dépolitisée ou inidvidualisée et religion politique, comme machine de pouvoir politique et idéologique, et ne pas se tromper de question et de débat : Ce n’est pas telle ou telle religion qui est plus ou moins responsable de la violence mais le fait qu’elle soit ou non fondatrice d’un système politique théocratique donc de sa légitimité. Toutes les religions ont connu cette forme et sont parfois encore tentées par elle. Pourquoi ?
Pour une raison très simple : elles exigent toutes la soumission collective à une autorité supérieure aux autorités et idéaux proprement politiques dans le mesure même où elles affiment détenir une prétendue vérité révélée universelle, sans aucun fondement rationnel suffisant pour faire qu’un accord minimal soit possible autour de valeurs communes ; au contraire de ce l’on le constate chez nous, mis à part des minorités réactionnires intégristes, à propos des droits de l’homme qui ne sont plus soumis au droit divin (démocratie), mais découle de leur puissance rationnelle d’universalisation ou de réciprocité des libertés (Kant) (et non universalité emprique).
Toute la question est donc de dépolitiser toutes les religions, si cela est possible, et cela ne peut l’être que si les religions abandonnent toutes leur caractère sacré de vérité absolue universelle pour accepter de n’être plus que des croyances parmi d’autres. Cela vaut autant pour le pape que pour quelque iman que ce soit. La querelle ouverte pas Benoit XVI est donc l’excpression en miroir de la même illusion théocratique : Je suis la vérité (la justice universelle) qui n’utilise la violence que pour le bien et vous êtes le mal qui fait de la violence une pure destruction de la vérité et de la justice.