C’est sûr, pour les retraites il ne faudrait absolument rien faire...
Un petit calcul rapide et simplificateur :
il y a aujourd’hui sous le régime général 17 millions de cotisants pour 12 millions de retraités recevant un total de 87 milliards d’euros de pensions. Si on supprime 2 millions de cotisants et qu’on les transforme en retraités, l’augmentation du total de cotisations est de 14,5 milliards d’euros. Ces chiffres ramenés à la cotisation individuelle représentent 5100 euros de cotisation annuelle par cotisant aujourd’hui et 6700 euros demain, soit une augmentation d’environ un tiers : c’est énorme, d’autant plus si on considère les ordres de grandeur des produits de différentes taxes (I Revenu : 57 milliards, I Sociétés : 46 milliards - dont 15 pour Total -, I Fortune : 3 milliards), ou des restitutions au titre du bouclier fiscal (337 millions d’euros pour les 1000 bénéficiaires les plus fortunés).
Il y a bien sûr de nombreuses limites dans ce calcul : notamment sur les nombres de cotisants et de pensionnaires, mais de toute façon nous savons bien que d’ici 2030 au plus tard il y aura plus de pensionnaires que de cotisants, donc une augmentation du total des pensions versées est quoi qu’il en soit assurée, et son ordre de grandeur sera à la dizaine de milliards d’euros !
Je pense que cette simplification montre tout de même les ordres de grandeur du problème et que les déclarations du type « taxons les riches et les sociétés » sont loin d’être suffisantes, surtout si « les riches » doivent aussi payer pour la dette publique, les hôpitaux, les transports publics, l’école, etc. !!!
Les variables de l’équation de la retraite sont la cotisation moyenne (Cm), le nombre de cotisants (C), la pension moyenne versée (Pm) et le nombre de pensionnaires (P). Dans un régime par répartition, une gestion saine consiste à avoir Cm x C = Pm x P.
Si on ne fait rien, nous savons que P va augmenter (vieillissement de la population), que C va diminuer (idem) que Pm doit rester constant, voire augmenter, qu’il semble difficile d’augmenter Cm de façon suffisante.
Perso, je ne vois donc pas ce que l’on peut faire à part de faire en sorte de limiter la hausse de P et la baisse de C (tout en augmentant un peu Cm)... (en français, ça donne limiter la hausse du nombre de pensionnaires - on ne peut évidemment pas compter sur la faucheuse pour aider -, et augmenter le nombre de cotisants - on peut contrebalancer l’accroissement du nombre de retraités en faisant plus d’enfants, mais ça prend du temps pour qu’ils arrivent en âge de cotiser -, et augmenter la cotisation moyenne - mais comme mentionnée précédemment, on ne peut le faire de façon suffisante... Il semble donc malheureusement incontournable de retarder les départs à la retraite, seule manière « non violente » et sûre d’augmenter le nombre de cotisants et de diminuer le nombre de pensionnaires !!!