Un crime raciste
a eu lieu il y a presque deux semaines et il faut bien constater à son
sujet un assourdissant silence médiatique. Ce silence est éloquent et
est hélas un vrai facteur d’antisémitisme.
Un homme, Saïd Bourarach, vigile de supermarché à Bobigny, est mort
noyé après avoir été passé à tabac par quatre jeunes gens qui, depuis,
ont été arrêtés et se sont déclarés juifs.
Qu’on me comprenne bien. Qu’on en arrive à devoir décliner la
confession, la nationalité ou que sais-je encore est abject à mes yeux
pauliniens mais voilà, qu’il y ait silence sur ce meurtre parce qu’il
n’entre pas dans la doxa occidentaliste des bons - les blancs, les
prétendus civilisés, Israéliens inclus - contre les méchants Arabes
et/ou musulmans est à mes yeux épouvantable.
Un crime est un crime, c’est la première chose. On pourra toutefois
m’objecter que mon exigence de vérité sur celui-ci est suspecte, voire
antisémite. Précisément pas car, en l’occurence, faire la lumière sur ce
qui s’est passé entre Bobigny et le canal de l’Ourcq évitera de nourrir
les délires dieudonnistes soutenant que les juifs tiennent les médias.
Un esprit simpliste, toutefois, serait fondé à le penser et je signale,
du reste, qu’un groupe facebook sur ce crime rassemble des milliers de
gens. Bravo l’Etat ! Bravo au système médiatico-parlementaire !
Pour dénoncer l’antisémitisme d’affaires fictives comme celles de la
jeune fille du RER ou d’une fausse agression de rabbin, il y a du monde,
foule de caméras, de micros et de beaux-parleurs mais là, pour Saïd Bourarach,
tué par des types qui n’ont rien trouvé d’autre pour se justifier que
d’accuser leur victime de propos antisémites, rien - ou presque. Saïd Bourarach,
allons... Ce n’est qu’un Arabe ?
Cette histoire est épouvantable et désastreuse à de nombreux égards.
Elle laissera penser à de nombreux Arabes et/ou musulmans des villes et
quartiers populaires de ce pays qu’en effet, la presse, la télé et la
radio sont aux mains des juifs. Cette idée pourrait se répandre d’autant
plus aisément qu’il n’est pas à exclure que dire ce que je dis là soit
qualifié par les relais de la pire réaction sioniste en France (en
premier lieu, l’islamophobe de choc, Finkielkraut)... d’antisémite ! Le
traitement médiatique de ce crime, ensuite, montre à quel point la
laïcité selon l’Etat est de plus en plus le nom « acceptable » de
l’islamophobie. Salafistes ! Benladéniens ! islamofascistes !,
aurait crié la meute capitalo-parlementaire et sioniste si un juif avait
été tué par quatre Arabes (quasi-automatiquement associés à l’Islam
désormais). Le crime, d’ailleurs, n’aurait pas été moins abject, ni
moins condamnable.
Mais voilà, l’Etat et ses médias aux ordres n’ont plus du pays qu’une
vision communautaire où chacun est sommé de se rallier au modèle
occidental. Ce modèle se prépare à inaugurer une place Ben Gourion dans
Paris (imaginez un peu ce que ce serait si un maire inaugurait une place
Abdel Gamal Nasser... On crierait, je ne sais pas moi..., au nazisme,
pas moins !) Cette vision où l’universel est absent se retrouve coincée à
propos du crime de Bobigny pour la simple raison que les meurtriers
sont juifs. S’ils avaient été musulmans, nos néo-croisés (les
républicains, les Philippe Val, etc.) se seraient répandus en
islamophobie et ç’aurait été, hélas, acceptable pour beaucoup. Imaginez
l’inverse, donc, que ces mêmes croisés genre Fourest se répandent en
délires antisémites à cause d’un crime comme celui de Bobigny et vous
aurez une idée de la nature réelle du discours actuel de l’Etat et de
ses relais sur l’Islam.
N.B. Ci-joint, un lien vers un texte
salutaire de l’Union juive française pour la paix.