en tout cas, je suis bien content que Lucky Luke ait été expurgé de toute violence : qu’aurais-je lu à 8 ans sinon en plus d’Astérix et Tintin ?
(je n’ai plus 8 ans, les versions non expurgées m’auraient intéressé il est vrai, mais que voulez-vous, on ne peut pas tout avoir)
De même, je rends grâce à John Ford et John Wayne pour leurs westerns un peu mièvres, mais, qui eux aussi, ont rythmé mes samedis soirs ou dimanches après-midi à 8-10 ans.
Sur le fond, la citation de Joubert que vous prenez est intéressante mais pas complètement honnête car elle juxtapose deux sujets totalement différents : la qualité et la morale. Le lecteur ou le critique sont les seuls juges de la qualité d’une oeuvre, et en effet, l’Etat n’a en rien la compétence pour décider à leur place. En revanche, en ce qui concerne la morale, ça se discute. Je n’ai pas de conviction forte à ce sujet, mais je crois qu’il n’est pas inutile de laisser à l’Etat la possibilité d’interdire une œuvre ou d’en ordonner une modification qui serait jugée dangereuse pour l’ordre public, pour la cohésion sociale, pour la santé mentale des plus jeunes, etc. La grande difficulté étant évidemment, qu’il n’existe plus une seule et unique morale, et que même celle qui devrait être le dénominateur commun, la morale républicaine - très impregnée de catholicisme -, ne fait plus consensus. Du coup, tout jugement ne peut plus être considéré que comme arbitraire.