Cher Paul Villach
Je doit dire qu’à la lecture de cette interview de Patrick Vieira , je suis partagé entre l’hilarité que suscite cet étalage ahurissant de fautes de français et l’intérêt purement professionnel .
Plusieurs explications sont possibles à ce trouble du langage :
1°) Les explications médicales :
- la débilité légère ( dans l’ancienne nosologie psychiatrique, on l’appelait imbécillité, par opposition à l’idiotie et au crétinisme : les imbéciles pouvaient parler, bien que mal, les idiots ne le pouvaient pas ; le crétinisme était une variante d’idiotie consécutive à une hypothyroïdie , le plus souvent par carence en iode : les fameux « crétins des Alpes » )
La débilité légère correspond à un QI inférieur à 70. Le problème est qu’en cas de débilité légère, le malade est dans l’incapacité de comprendre une règle complexe telle que le « hors-jeu », ce qui est gênant pour un joueur de football . On peut donc écarter ce premier diagnostic !
- la dysphasie , dans laquelle il y a juste un trouble du langage isolé , le reste de l’intelligence étant normal. Certaines ne concernent que l’émission du langage, la compréhension restant intacte. Néanmoins, le trouble du langage dans les dysphasies est, pour les malheureux qui en sont atteints, encore plus profond que dans le cas de Vieira, ce qui semble également exclure ce diagnostic.
-l’agrammatisme, qui est un trouble du langage acquis dans lequel le trouble de la grammaire est encore plus marqué, faisant suite à un accident vasculaire cérébral ou une démence telle que la maladie de Pick. Donc, la non plus,ça ne colle pas avec la symptomatologie présentée par Patrick Vieira
- Il a été décrit chez tous les sportifs dont le sport expose à des chocs répétés sur la tête (les tirs de la tête chez les footballeurs entraînent des ondes de choc non négligeables ) des micro traumatisme cérébraux qui créent des micro-lésions cérébrales significatives dont la variante la plus grave est la « démentia pugilistica » des boxeurs , et les formes mineures, qui seraient obervées chez certains footballeurs, pourraient entraîner, selon certains auteurs , une perte de QI de 10 points, compatible avec les troubles présentés par ce footballeur !
2°) Les explications extra-médicales
La plupart des sportifs français de haut niveau ( qui reste relatif dans le cas de l’équipe de France de football ) passent leur adolescence dans des « sections sports-études » , au sein desquelles ils sont censés suivre une scolarité adaptée associée à un entraînement sportif intensif. J’ai comme dans l’idée que le mot « études » dans la section dite « sports-études » est plus là pour faire décoratif et rassurer les parents qui ont la mauvaise idée d’y laisser entrer leurs enfants.
Tout du moins témoigne t-il d’une ambition excessive : il faudrait peut être remplacer le terme « sport-études » par « sport-instruction » , et faire en sorte que ces adolescents y acquièrent au moins l’instruction de base qui est de savoir s’exprimer en français grammaticalement correct !
Mais l’observation quotidienne démontre qu’il n’est pas absolument nécessaire d’aller en « sports-études » pour s’exprimer de la sorte : parfois , il suffit de faire ses « études » dans des collèges tels que ceux décrits dans « l’année de la jupe » ou « entre les murs » !