Ô comme je vous comprends Monsieur Haddock, bien
que je vous sois naturellement supérieur, je vous comprends…
Voyez-vous, moi-même que mon aristocratique
ascendance à destiner à la plus noble et légitime oisiveté qui soit, me vois-je
contraint de payer le DROIT de NE PAS travailler : tout passe au crible des
infâmes et roturiers percepteurs : mes châteaux, mes domestiques, mes
quelques deniers et ducats, mes propriétés, etc…même mes hygiéniques visites au
bordel se voient taxées ! (pour cela, j’ai tout de même trouver la parade,
usant de médicales prescriptions, je me vois condamné à mentir : faisant
passer ces légitimes et naturels besoins pour des soins kinésithérapeutiques !
de même ai-je fait convoyer par la malle-poste quelques francs-or vers les
provinces d’Helvétie afin d’assurer mes vieux jours !)
Que vous dire, très cher, si ce n’est que même
lorsque je dors : l’illégitime et indécent régime de la Multitude me taxe !
je vous épargnerai les taxes sur l’eau que je dois user, lorsque je réponds à
quelque urgence métabolique !
Combien regrette-je le temps, où le fouet remplaçait
pour mes serviteurs l’outrageant autant que contre-nature salaire qu’aujourd’hui
je me dois de leur républicainement verser ! combien encore regrette-je
plus de ne pouvoir collecter selon mon droit le plus inaliénable les hymens de
mes serfs femelles alors que me dois de respecter quelque abstrait et indécent
concept de parité ! Ô cher Monsieur Haddock, avec la tête de notre roi très-chrétien :
c’est toute la France véritable qui est partie, et qui depuis se voit livrer
aux appétits sournois et insatiables de la populasse…
Ô quel désespoir ! que le joug de cette
plébéenne Lilith !