Dans une villa roumaine
Or, voilà que René-Louis Berclaz refait parler de lui. Cette fois dans une affaire qui montre qu’un palier supplémentaire aurait été franchi en matière de gravité des infractions au Code pénal. Relayée par la radio RTL, à Paris, l’information a fait, mercredi, les gros titres, sur une double page, du Courrier picard.
Ce journal français s’intéressait prioritairement à un ressortissant de sa région : Dominique Caron, 34 ans. L’été dernier, cet homme avait défrayé la chronique en réussissant à prendre la fuite après avoir tenté d’assassiner son ex-compagne d’une balle dans la tête.
Et Berclaz, là-dedans ? Après des mois d’une enquête minutieuse, conduite en collaboration avec leurs collègues roumains, via Interpol, et un officier français de liaison sur place en vertu d’accords internationaux, les policiers française sont parvenus à localiser Caron en Roumanie, dans le comté de Bihor, à Pietrosa. A la mi-septembre 2006, Dominique Caron était arrêté. Mardi soir dernier, il a été extradé en France, où il a été mis en examen et écroué à Amiens.
Figures néo-nazi
Mais Caron n’était pas seul dans « cette curieuse villa située en haut d’une colline et discrètement décorée d’une croix gammée », comme décrit par le journaliste Georges Charrière. Ont également été arrêtées « deux figures du mouvement néo-nazi international » : le Franco-roumain George Piscosi Danesco, propriétaire de la maison et idéologue des mouvements niant l’existence de l’holocauste. Ainsi que… René-Louis Berclaz, le secrétaire de la défunte association châteloise Justice & Vérité, décrétée interdite en 2002 par la Tribunal civil de la Veveyse.
Dans la chambre de Berclaz, les enquêteurs auraient trouvé « un fusil, 130 cartouches et un pistolet Deringer, et des milliers de brochures, livres et CD qui ont pour objet principal le négationnisme ». Berclaz a été mis en examen par la justice roumaine pour contrebande d’armes et constitution d’une organisation fasciste. Comme Danesco, Berclaz est aussi suspecté de « recel de malfaiteur ». L’enquête des policiers français donne en effet un coup de projecteur sur l’existence d’un réseau néo-nazi qui aurait aidé Caron dans sa fuite. Sinon, comment cet homme, réputé dangereux, aurait-il pu traverser une partie de l’Europe et trouver refuge dans une villa roumaine occupée par des adeptes de cette idéologie ?