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Commentaire de Tzecoatl

sur Deux sorties de crise en lice, et le yuan comme arbitre


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Claude Simon Tzecoatl 20 août 2010 10:45

« Moins dynamiquement, mais sans doute plut pragmatiquement, les pays de l’Union européenne ont entrepris sagement de payer leurs dettes. » 
Bonne idée, mais c’est une lubie que le mode de fonctionnement de notre système monétaire ne permettra pas d’atteindre ou extrêmement difficilement.
« Suivant en cela la détermination allemande, mais fort loin des illusions cultivées de l’autre côté de l’Atlantique, l’Europe choisit donc de mordre sur sa chique plutôt que de poursuivre une politique d’expansion monétaire qui la conduirait tout droit vers une situation financière analogue à celle de l’Allemagne de Weimar en 1923. »

Il faudrait éviter de ressortir ce vieux fantôme de l’hyper-inflation de Weimar, car on en est à mille lieux.
« C’est une politique fort courageuse, mais elle entrainera mécaniquement beaucoup de sacrifices dans la population. Les revenus diminuant, la consommation diminuera également, car des restrictions de crédit interviendront. Il en résultera des pertes d’emplois dans les entreprises, s’ajoutant à la réduction des emplois de fonctionnaires. »
Tout à fait, les sacrifices qui vont être requis, après avoir lessivé l’Europe de tout ses emplois non localement astreignants (comprenez délocalisables), risquent de désespérer au plus haut point, amenant des désordres sociaux.
« Si cette situation n’est pas contrôlée avec rigueur, il est possible que la chute de l’économie européenne dans une dangereuse déflation, en réaction à la diminution du pouvoir d’achat des familles, pourrait se produire et perdurer longtemps. Le comportement de la population jouera un très grand rôle. Si dans son ensemble elle se résout à l’effort, tout devrait bien se passer. » 
Hélas, même l’effort de résoudra rien. 
En même temps, puisque l’ouverture des marchés n’est plus discutable, ainsi que la fixation par les marchés financiers des prix des monnaies occidentales, il est préférable d’observer cette période de déflation afin d’un jour pouvoir se battre à armes égales avec les plus bas salaires mondiaux et les zones à monnaie sous-évalués. C’est la seule optique que l’on nous laisse. Le salario-consommatus occidental ne pourra éternellement favoriser son pouvoir d’achat au détriment de son employabilité. De même le mondialo-delocalitus ne pourra se sucrer éternellement en dichotomisant l’Occident à un pure rôle de cigale et les pays émergents à un stricte rôle de fourmi. 
Quoiqu’il en soit, un scenario inflationniste (mais les agents économiques de par une crise de confiance extrême ne peuvent plus la provoquer) aurait été pure folie. Seules les pays qui ont toute les clés pour s’attirer les industries d’autrui peuvent se le permettre. D’ailleurs, cela ne fait qu’accélérer le lissage des conditions économiques des salaires minimaux, situation qui risque d’être notoirement décevante et frustrante, une sorte de maturité de la mondialisation pas très reluisante.

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