Varanasi, lieu de nombreux séjours entre 1988 et 1994. Ma période Karma Cola ou mystique...
La dernière fois, je me souviens après un long périple d’une vingtaine d’heures en bus depuis Pokara, y être arrivé de nuit après 3 heures du mat. J’errais dans le dédale du labyrinthe de la vieille ville à la recherche de ma guest-house favorite, et bien que familières, je ne reconnaissais vaguement les ruelles de mon précédent passage trois ans plus tôt. A cette heure là au plus sombre de la nuit, ces coupe-jarrets grouillaient déjà de pélerins torse nu ou vêtus de couleur safran pour la plupart, avec leur pot de laiton, se rendant vers le Gange pour y faire leur ablutions matinales et les vaches aux cornes peintes et immenses étaient déjà occupées à leur tâche d’éboueurs. Cela ressemblait plutôt à une scène tirée de Dante. Au loin le muezzin enchainait après la sonnerie de la cloche du Golden Temple (?).
Souvenirs aussi des tournées de shilums avec les saddhus babas sur les ghâts près du lieu de crémation de Manikarnikha à palabrer au sujet de Krishna le DJ playboy de la cosmologie hindoue et autres histoires dignes de Kipling.
Je me souviens aussi qu’Hanuman et sa bande étaient bien plus vicieux et dangereux que les zombies occupés à aspirer des volutes de smack sur du papier d’alu chauffé au briquet.
Enfin la façade de la ville qui s’offre au regard de l’autre côté du Gange dans ses tons ocres et oranges et qui littéralement s’embrase au soleil couchant...