Cher Neos,
Je suis bien d’accord avec votre article. Vraiment, il serait temps que l’on constate que les institutions n’ont que le rôle et les compétences que les états, dont la France, lui donnent.
Mais avant de faire entendre sa voix, j’appelle l’électeur à penser à deux fois et de ne pas tomber dans les pièges des discours simplistes et purement électoralistes.
Oui, l’intégration européenne a amené paix et prospérité sur le continent. Je pense qu’il ne me faut pas élaborer davantage. C’est tellement évident.
Oui, l’intégration européenne est un processus. La situation d’aujourd’hui n’en est pas l’étape ultime. Ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain. Certes, il y a du travail mais baisser les bras ne sert à rien. Ils sont nombreux à nous envier notre richesse de par le monde. La concurrence fait rage. Hors, nos modèles sociaux ont un coût. Il faut le financer avec une économie qui tourne.
Non, l’Europe n’est pas technocratique. Son personnel est relativement moins important en nombre que les ministères français, de la culture par exemple. Et puis, la France n’est-elle pas la première à encourager les gaspillages, en personnel et bâtiments notamment, en maintenant les navettes particulièrement coûteuses entre les sièges bruxellois et strasbourgeois du Parlement européen pour ses fonctionnaires ?
Oui, l’Union européenne a un caractère essentiellement économique. C’est le fruit de l’Histoire (Seconde Guerre mondiale, l’Europe est à recontruire. Les Européens devaient s’intégrer pour recevoir les premières aides du Plan Marshall) mais aussi de la volonté des états. Ils ne veulent pas prendre des risques devant leurs propres électeurs. Donc les domaines où le consensus est le plus facile d’accès sont développés en priorité. Du coup, dans le même sens aussi, c’est toujours « Bruxelles qui a décidé que », l’ « Union europénne impose que... ». C’est un discours fallacieux : la Commission propose et le Conseil (accompagné bien souvent du Parlement européen) dispose. Je précise que la France siège au sein de ce Conseil et y décide selon des modalités qu’elle a négociées et acceptées avec ses partenaires.
Oui, la Banque centrale européenne (BCE) se cantonne à son rôle. On la dit même rigide. Mais elle a bien raison. Fruits des leçons tirées du passé, elle a été créée pour cela : éviter que des mesures politiques coûteuses n’ébranlent toute l’économie européenne. Les hommes politiques français s’en prennent à la BCE pour des raisons purement électoralistes et parce qu’ils n’ont pas l’audace de prendre les mesures qui s’imposent sur le plan interne. Les tensions vis-à-vis de la BCE sont en fait révélatrice d’un malaise des politiques qui voient leur marge de manoeuvre retrécie dans le bien des générations futures. Or, l’on sait qu’il faut des sursaut de clairvoyance pour que des hommes (ou femmes) politiques pensent au-delà de leur mandat, généralement de courte durée. Aux politiques de proposer des solutions crédibles et pas à l’emporte-pièce.
Voilà quelques éléments qui peuvent aider à revoir son jugement le cas échéant sur l’Union européenne.
Bonne année à tous.