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Commentaire de easy

sur Il y a quelqu'un ?


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easy easy 26 janvier 2011 15:16



Si ce n’était qu’une question de folie, après tout, pourquoi ne pas officiellement l’honorer puisque la folie fait partie du paysage de l’humanité.


Mais quand cette folie va à la paranoïa, quand elle appelle au massacre d’une communauté, de manière hystérique et massive, un Etat aux prétentions pacifistes ne devrait jamais l’encenser et en faire une référence solide. Ou alors dans la catégorie bien précisée des folies.

Si Richard Durn avait écrit en long et en large ses visions paranoïaques contre la communauté des décideurs administratifs qui n’ont pas su reconnaître sa valeur, ses diplômes et l’ont contraint à n’exercer que des jobs de pion ; si l’Etat avait honoré de tels écrits, alors une nouvelle Saint-Barthélemy contre les fonctionnaires et les édiles serait possible.


Il serait absolument anormal que notre Etat encense la qualité d’une épée, de son tranchant, de ses ornementations, alors qu’elle est suspendue au-dessus d’une communauté qui l’a déjà vue tomber sur elle, comme ça, un beau jour.

Il est complètement anormal, cruel, pervers, égoïste et lâche de la part des défenseurs de Céline, de répondre aux Juifs effrayés que la ficelle est suffisamment solide alors que sa solidité n’est pas fixe, pas immuable ; alors qu’elle est variable et extrêmement susceptible. Il est particulièrement pervers d’aller jusqu’à dénier que les écrits de Céline constituent une menace contre les Juifs et de faire diversion en faisant sauce de l’esthétique. Il est toujours possible d’esthétiser. Il est même très intéressant d’esthétiser quand on tue.

Certains écrits de Céline constituent une menace contre les Juifs. Surtout quand ils sortent des cantines, des fonds privés, pour être replacés en pleine lumière, pour être encensés par certains qui ne focalisent alors que sur l’eshétique du style.



C’est une chose de vivre sous une épée suspendue par une vraie ficelle faite de fibres végétales qu’aucun agent extérieur ne peut modifier. Le menacé peut fait un effort intellectuel pour se dire que la ficelle qui a tenu 2 jours peut forcément tenir des siècles.

Mais la ficelle qui retient la véritable épée qui menace les Juifs depuis la nuit des temps, n’est constituée que de la bonne volonté de ceux qui l’ont installée là. Un jour ils y ajoutent d’autres liens, un jour, ils envoient des rats la ronger.

 Ils en jouent et en jouissent de cette variabilité, les sadiques installateurs.

« Eih, toi, là-dessous, oui oui, toi le Juif. Comme tu l’as compris, la solidité de la ficelle ne tient qu’à moi et à mes potes. Un verre de trop et hop !
Mais t’inquiète, je ne te veux pas de mal, personne ne te veut de mal, et quand on boit, on sait s’arrêter. Ah ah ah ! Quelle belle installation ! Que d’émotions elle procure ! Tu sais, toi ou un autre en dessous, c’est sans grande importance. Ce qui compte surtout pour nous c’est que la cible soit vivante et que sa vie ne tienne qu’à un fil, lui-même dépendant de notre volonté. Certes, sur ce coup là, c’est encore toi qu’es là-dessous. Mais n’y vois surtout pas d’acharnement pour autant, ne deviens pas parano pour si peu »


Le supplice de l’épée de Damoclès, avec une vraie ficelle de chanvre, c’est une gentille farce par rapport à l’horreur que subissent réellement les minorités. Dans la réalité de ce supplice, les ficelles Damoclès sont particulièrement changeantes. Croc de boucher un jour, karcher un autre. Le contrôle de la solidité de l’installation est impossible à faire et n’intéresse surtout pas ceux qui se marrent de l’avoir ou la voir installée au-dessus d’autrui.

Ce qui est indispensable pour jouir farfaitement de cette installation, c’est de savoir que dans l’Histoire, la ficelle a très souvent rompu.

Céline était déséquilibré et lunatique. Un coup il disait que les chevaux des camps ennemis fraternisent sans faire d’histoire, que nu on n’est plus des ennemis ; un coup il disait qu’il faut exterminer des gens. Sont sadiques ceux qui se servent de ce malade pour tresser une infernale ficelle.





Le lien, entre deux personnes, sa solidité, doit se comprendre comme pouvant varier le long d’un axe depuis un zéro jusque vers deux directions opposées. Dans la plupart des cas, les liens entre les gens oscillent entre le zéro et l’infini positif. Dans la plupart des cas, quand deux amis se fâchent, le curseur de leur lien retourne vers le zéro.

Ce n’est que dans quelques cas particuliers que le curseur dépasse le zéro de la neutralité pour passer en zone négative. Et c’est dans cette zone négative que se situe le désir de tuer.

Lorsqu’on parle de lien entre des gens, on a surtout en tête son segment qui va de très positif à zéro et sur ce segment, il n’y a que des degrés de protection, d’amitié, de sauvegarde.
Mais dans les autres cas, heureusement minoritaires, le lien se situe en zone négative et il ne s’agit plus que de plus ou moins forte envie de tuer. Ce lien, à gauche du zéro, est un lien meurtrier.


Et bien cette ficelle, ce lien qui tient une épée suspendue au-dessus de la tête de personnes qui voient et comprennent l’extrême précarité de leur sort, cette ficelle là, est strictement négative. Son curseur ne se promène qu’entre le zéro et l’infini négatif.
Une ficelle Damoclès ne passe jamais en zone positive. Elle est là pour tuer, plus ou moins. Elle n’est pas là pour protéger.




C’est une chose d’avoir sans son cabinet de curiosités une vierge de Nuremberg, une tête réduite de Jivaros. Ca vaut même la peau du cul entre amateurs. C’est une chose d’avoir chez soi, une lampe faite en peau de Juif sous l’époque Nazie. Ca aussi ça s’échange à prix d’or entre amateur. C’est une chose d’avoir le Malleus Maleficarum, Mein Kampf ou Bagatelles pour un massacre dans sa bibliothèque.

C’est toute autre chose de sortir ces objets extrêmement significatifs et de les honorer publiquement primo comme devant faire partie de nos richesses nationales ou culturelles et secondo sans dire qu’ils représentent des valeurs morales qui, pour naturelles qu’elles puissent être éventuellement, sont contraires aux valeurs de fraternité et de paix globale que nous disons vouloir défendre.


Lorsqu’un musée des horreurs nous invite à regarder des engins de torture sans dire mille fois que penser les utiliser est mal, très mal et très lâche, il joue d’une limite, il joue de la perversité commune et son entreprise est perverse.





Les Juifs ? Allons au fond du pot au lieu de tourner autour.
Eux ou d’autres, ils s’empareraient de tous les diamants, de tout l’or du Monde, qu’ils ne m’ôteraient pas la vie. Donc jamais je ne penserais à les tuer. Jamais.





La vie doit être considérée comme sacrée, comme toute première valeur et on ne devrait jamais exprimer quoi que ce soit allant dans le sens d’une incitation au meurtre.


Et je suis capable de dire cela sans faire appel à quelque autorité, quelque maître à penser, quelque bible que ce soit. 


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