Pas besoin d’être athée pour être d’accord avec vous cher Zen. On sent chez Bernard Dugué une quête d’absolu, qui peut être qualifiée de religieuse même si aucune divinité n’est évoquée. Et la manière dont il exprime ce désir rappelle les propos de Jean Staune (qui n’ont été reçus comme crédibles), avec un langage moins accessible. Mais les interventions de Monsieur Dugué me donne le sentiment de tourner en rond. Appel à une révolution, invocation de grands noms, aucune pistes de travail développées (tout au plus des prémisses d’idées, mais en dehors de mots et d’un discours pompeux, aucune articulation claire pour être à même de commencer à travailler), quête de sens (ici le dessein technique), avec une place centrale de l’homme.
Mais pour ma part, si révolution il y a, je doute qu’elle aille dans le sens espéré par Bernard. La notion d’unification des sciences, une théorie du tout, semble de plus en plus illusoire, et ce d’autant que s’il était possible de maîtriser l’ensemble du corpus scientifique il y a un siècle, la tâche semble à présent impossible. Les mathématiques étaient considérées comme pratiquement achevées au début du 20ème siècle. Il n’y a jamais eu autant de recherches et de pistes nouvelles qu’aujourd’hui.
D’autre part, recourir à des « maîtres » dans la science est nier le déroulement de celle-ci. Les révolutions scientifiques sont contigentes des développements techniques et des courants de pensée. Sans instruments d’observation nouveaux, point de Galilée. Si Darwin n’avait point vu le jour, la théorie de l’évolution serait vraisemblablement née, notamment via les travaux de Wallace. L’idée était dans l’air, et ne demandaient qu’à être formalisée. Plusieurs s’accordemt à penser que la relativité aurait vue le jour sans Einstein, car la physique convergeait alors vers une révision de la mécanique. Et la révolution scientifique du 21ème siècle tient peut-être dans le stochastique, et ce grâce à l’apparition d’outils informatiques qui permettent de réaliser des expériences inaccessibles auparavant. Le seul scientifique vraiment hors du commun car en dehors de son temps reste selon moi , Newton, si l’on omet ses recherches largement oubliées de métaphysique, seules recherches qui n’ont données aucun résultat concret (comme par hasard, mais certains ont la mémoire courte...).
Les théoriciens actuels d’une logique interne, surtout dans l’évolution, peine à donner ne serait-ce que des pistes expérimentables de réponses, et s’engouffrent dans des logorhées pseudo-philosophiques dont on se demande bien sur quoi elles déboucheront, mais jusqu’à présent, ce n’est pas très concluant, alors que des évolutionnistes comme Gould ont su mettre à mal le Darwinisme classique, notamment avec les équilibres ponctuées, qui montre d’avantage de contingence dans l’evolution que les seuls mécanismes de sélection naturelle, tout en trouvant des hypothèses vérifiables, comme des cataclysmes naturels (dont des traces sont de plus en plus visibles, et correspondent et époquent de « sauts » dans l’évolution). Or la force des révolutions comme celle de Gould à été de mettre la position de l’homme de côté, au moins un temps. Ce qu’apparemment Bernard Dugué est incapable de faire... Je n’ai pas lu l’oeuvre de Kant, mais il me semble qu’un retour à la raison serait parfois bénéfique...
Monsieur Dugué, vous vous dites désespérément isolé devant bien des obstacles, mais pouvez-vous concevoir ne serait qu’un moment que c’est la conséquence d’une voie de recherche sans raison d’être ?