Chère Sandrine,
Voici la prose de l’ami des Zuniens.
il indique même à la fin de l’article où il faut attaquer : Au Pakistan.
Ah ! Après avoir été très amis avec les Zuniens surtout aux environs du
11 sept, mystérieusement les pakistanais ne sont pas très bien en cour.
BHL : Le ministre de la guerre de la planète !!
cet article mériterait un commentaire à lui tout seul tant il sent cette
politique secrète d’individus égocentriques et paranoïaques qui mènent
les peuples au malheur.
Article de BHL
Ben Laden est mort.
Il était, d’une certaine manière, déjà mort.
Et nul ne croyait plus, depuis longtemps,
à la perspective qu’il avait tracée d’un islamisme radical prenant la
relève du communisme et de ses ambitions planétaires.
Mais enfin il est mort, cette fois, pour de bon.
Le pire tueur en série de l’histoire
contemporaine, l’inventeur de la nouvelle stratégie terroriste, le
patron d’une ONG du crime qui a tué, depuis dix ans, des milliers et des
milliers de civils a quitté la scène du monde.
Et c’est, évidemment, une grande nouvelle.
A partir de là des questions.
1 – Qui a tué Ben Laden ? Un commando du
Joint Special Operations Command américain, bien sûr. Mais aussi,
forcément, la coalition antiterroriste qui le traquait depuis dix ans.
Et ces masses arabo-musulmanes qui étaient censées tomber dans les bras
d’Al-Qaeda mais qui s’en sont, finalement, bien gardées et que les
mouvements démocratiques dans la région ont achevé, ces temps derniers,
de guérir de cette éventuelle tentation. Ben Laden est mort parce que la
majorité des musulmans l’avait, d’emblée, désavoué. Et parce que le
printemps arabe, dix ans après, l’a condamné.
2 – Qu’est-ce qui a permis de tuer Ben
Laden ? La présence des forces spéciales américaines à proximité du
Pakistan. Donc, pour parler clair, chez le voisin afghan. Ce qui, pour
parler plus clair encore, signifie que la coalition antiterroriste avait
raison de rester en Afghanistan et que cette guerre si décriée, mal
famée, cette guerre que l’on était censé avoir perdue et que l’on
mettait dans le même sac que l’absurde guerre d’Irak, était une guerre
qu’il fallait faire et dont on recueille, aujourd’hui, les fruits de
réconciliation et de paix. L’événement est la conséquence de la
présence, en Kapisa et en Uzbeen, de soldats occidentaux. C’est la
victoire de ceux qui, depuis 2001, refusent de se laisser impressionner
par le défaitisme environnant. C’est un revers pour l’esprit munichois
et son insondable frivolité.
3 -Ce qui va se passer à partir de là ?
Une leçon, naturellement, pour tous les terroristes du monde et, déjà,
pour les talibans. Et, à moyen et long terme, un inévitable
affaiblissement pour la petite armée du crime dont Ben Laden était le
chef. Mais avant cela ? A plus court terme ? A la base de la Base ? Dans
ces cellules franchisées qui n’avaient plus que de lointains rapports
avec lui et qui, à Marrakech, sur l’une des plus belles places du monde,
viennent de faire le carnage que l’on sait ? Ne risque-t-on pas, là,
ailleurs, de voir une épidémie de petits califes tentant d’être califes à
la place du grand Calife ? Et ne vont-ils pas entrer en concurrence
pour imaginer une revanche à la hauteur de sa démence ? Cette mort est
une victoire. Mais ce n’est pas encore, hélas, la défaite assurée du
terrorisme.
4 – Ce que l’on va faire du cadavre de
Ben Laden. La question peut sembler secondaire. Mais elle est, à l’heure
où j’écris, quelques heures après l’annonce de sa mort, symboliquement
et, donc, politiquement essentielle. Immergé en mer d’Oman, vraiment ?
Risque, dans ce cas, de voir fleurir les habituelles fantaisies
complotistes – « pas vraiment mort, émir caché, résurrection, voyez
l’image truquée déjà diffusée par les Pakistanais… ». Inhumé, alors ?
Mais où ? A qui le cadeau empoisonné ? Et dans quel cimetière de quel
pays l’éventuel lieu de pèlerinage ? Vrai dilemme… Et puis la photo,
encore. Les Américains ont-ils, pour l’authentifier, pris soin de faire
une vraie photo de la dépouille ? Il le faudrait. Indispensable pour
couper court aux autres rumeurs qui ne manqueront pas de courir pour
déposséder Obama de son succès – « mort naturelle… écran de fumée…
opération bidon… victoire bidon… ». Mais c’est ce qu’ils firent, jadis,
et pour la même raison, avec le corps de Guevara. Et ils le
transformèrent, ce faisant, en l’icône que l’on sait. Alors ? Très
difficile…
5 – Et puis, enfin, le Pakistan.
J’entends bien que l’opération a été rendue possible grâce à la
coopération de cet allié des Etats-Unis, doté de l’arme atomique, qu’est
le Pakistan. Mais en même temps… Comment ne pas entendre, en même
temps, l’autre volet de la vérité ? On disait le fugitif caché dans des
grottes. Errant de refuge en refuge. Il était censé vivre la vie d’une
bête traquée dans on ne sait quelle « zone tribale ». Or il était au
cœur du pays. Il vivait à 40 kilomètres d’Islamabad, sa capitale
politique, dans un quartier que j’ai visité lors de mon enquête sur
Daniel Pearl et qui est un lieu de résidence pour militaires à la
retraite. Peut-on ne pas conclure, alors, que les Pakistanais savaient ?
qu’ils avaient accepté de le protéger et qu’ils ont décidé de le
livrer ? Et peut-on ne pas poser, du coup, la question que j’ai posée
chaque fois que, dans le passé, et dans des circonstances toujours
analogues, les agences pakistanaises ont lâché l’un des djihadistes
qu’elles tenaient en stock et sous le coude (et la suite des événements
m’a chaque fois, malheureusement, donné raison) : pourquoi ce changement
d’avis ? au terme de quel marchandage ? et quelle carte conserve-t-on
quand, dans la partie de poker qu’est le jeu diplomatique vu depuis
Islamabad, on se défait d’un pareil atout ?
La disparition de Ben Laden, si heureuse
soit-elle, me renforce dans l’idée que ce Pakistan nucléarisé,
djihadisé, soumis à l’emprise persistante de ses terribles services
secrets, demeure, aujourd’hui comme hier, l’un des lieux les plus
dangereux du monde.
PS de ma part :
Il faudrait qu’ils montrent le corps.
-hé non, ils ne l’ont pas fait...
-mais l’excuse des Zuniens BHL la donne, identique, que c’est drôle. Ne pas faire une icöne... !!!!
J’ai aussi apprécié le passage où il justifie l’occupation de l’Afghanistan par cette histoire ! Quel bouffon !!!!