La liberté ne
peut exister sans conscience. Et le problème c’est que la conscience est
absolument relative. Il devient donc évident que entre l’expérience d’un
nord-coréen, d’un français et d’un américain, la définition même de la liberté
sera différente.
Parlons donc de la liberté absolue.
La première liberté est relative au corps et à sa libre disposition. En
démocratie on ne peut pas être emprisonnés - donc limités dans l’usage de notre
corps - pour nos opinions, notre religion, notre appartenance politique.
Et pourtant, la prostitution est interdite. N’est ce pas une limitation du
droit à disposer de son corps ? Vous pouvez me dire qu’il s’agirait d’une
atteinte à l’ordre public, mais si la prostitution est effectuée dans des
conditions qui ne troublent pas l’ordre public, il s’agit donc bien d’une
limitation de la liberté.
Que dire du suicide, et plus particulièrement du suicide assisté.
La principale idée derrière les limitations des libertés du corps c’est qu’il
faut protéger certaines personnes de leurs propres décisions. C’est une
décision arbitraire qui ne fait qu’essayer d’endiguer un phénomène récurrent. Bien
que la contrainte ne soit pas efficace pour solutionner le problème, elle a
l’avantage d’être facile à mettre en place : une loi suffit sachant que le
système dispose déjà d’une infrastructure coercitive.
Maintenant si on y regarde de plus près. La loi n’essaie pas de résoudre le
problème du suicide, de la prostitution ou de toute autre tentative à disposer
de son corps. Elle se borne juste à effacer les conséquences visibles face à la
norme sociale ambiante.
La loi qui adresserait véritablement le problème sans limiter la liberté serait
de la forme « choisissez en connaissance de cause ». Bien sur, elle s’avérerait
extrêmement difficile à mettre en place, comment s’assurer que celui qui décide
de se suicider ou de se prostituer fait le bon choix en toute liberté ?
Mon avis est que la liberté n’est pas quelque chose de simple et d’acquis, on
préfère laisser à la majorité le choix de décider de ce qui est libre ou pas,
au lieu de former l’individu à la liberté et de décider par lui même.
Gabriel, vous dites que nous ne sommes pas libres car nous dépendons de la
société pour vivre. En fait je vais préciser : On fait le choix de troquer un
morceau de sa liberté pour gagner en confort. Il est possible de vivre comme un
hermite presque absolument libre, mais à quel prix...
Quelques exemples d’hommes libres
http://www.details.com/culture-trends/career-and-money/200907/meet-the-man-who-lives-on-zero-dollars
http://www.guardian.co.uk/environment/video/2010/jan/25/mark-boyle-no-money-man
Donc dans l’absolu, pour rebondir sur la prostituée, se prostitue-t-elle pour
le plaisir ou pour survivre ? Et si il s’agit de survivre, n’est ce pas en
fonction d’un manque de conscience de ses choix ?
Bien sur ce que je dis est totalement théorique, cependant je pense que c’est
cohérent. Il existe un prix pour la liberté, et il est fondamental
d’être conscient de cette contrepartie pour comprendre ce qu’est la liberté et peut-être... être libre.