Merci Briou pour votre article qui met en avant certains aspects
intéressants. Il est toujours utile de débattre sur ces
questions pour s’améliorer. Je vais répondre brièvement sur les
points où je ne suis pas trop d’accord :
- AgoraVox et les journalistes expérimentés : en réalité ils y en a
relativement peu de vraiment actifs. Je dirais un petite dizaine à
mettre en perspective avec les 2.600 rédacteurs inscrits. Difficile
de tirer des conclusions sur un tel échantillon. Vous surestimez les
risques et les dérives potentielles, je pense.
- AgoraVox et la pub : la pub n’envahit pas ce site mais comme nous
l’avons dit depuis le début nous expérimentons des sources de revenus
pour équilibrer nos comptes. Pour l’instant, rien de vraiment
sensationnel. Certaines formules seront abandonnées bientôt. N’ayez
pas peur il n’y aura aucune censure à cause de Microsoft et Google...
Vous vous en doutez peut-être mais nous n’avons aucun contact direct
avec eux d’autant plus que nous passons, pour faire simple, par des
intermédiaires et des régies.
- AgoraVox et la désinformation : je vais reprendre ce que je dis
souvent à ce sujet. A savoir que tous les modérateurs sont chargés de
voter individuellement chaque article en fonction de son actualité, de
sa pertinence, et surtout de son originalité. Mais au-delà des
vérifications effectuées par les rédacteurs et les veilleurs, AgoraVox
prône un processus d’intelligence collective pour fiabiliser les
informations mises en ligne. Ce processus se base sur les commentaires
des lecteurs. Dés qu’un article est publié, tout lecteur peut
intervenir librement pour le commenter, le critiquer, le compléter,
l’enrichir ou le dénoncer. L’auteur et la rédaction peuvent interagir
ainsi avec les lecteurs afin de compléter et améliorer l’article.
Comme le dit le journaliste bloggeur Dan Gillmor, "mes lecteurs sont
souvent mieux informés que moi". Parfois, le comité de rédaction
décide de supprimer un article après certains commentaires des
lecteurs (notamment en cas de plagiat avéré). D’ailleurs, nous
encourageons vivement nos lecteurs qui ont un doute à l’exprimer
librement à la suite de chaque article. Souvent des lecteurs assidus
mènent des recherches et des investigations pour valider ou invalider
un article et il s’agit là d’excellentes initiatives que nous
encourageons vivement. L’apport informationnel de chaque article doit
être donc évalué dans le contexte des réactions qu’il a suscité.
- AgoraVox, média des masses : Vous dites que "lorsqu’on s’intéresse
aux fiches des rédacteurs d’AgoraVox, on s’aperçoit que ce sont
essentiellement des scientifiques diplômés, des journalistes, des
députés, des informaticiens... Pour résumer, toute la France d’en haut
!" Je vous invite à voir les fiches des 2.600 autres rédacteurs pour
voir que c’est pas vrai. Nous avons plein de chercheurs d’emploi,
d’employés, des étudiants, etc. et même des lycéens. D’ailleurs, vous
vous définissez bien comme un jeune militant de 17 ans. Les gens
retiennent surtout les noms qu’ils connaissent et ça leur marque les
esprits. Cela dit, je ne vais pas vous affirmer que nous avons des
milliers de plombiers polonais parmi nous. Même si Internet est de plus en plus
représentatif de la population française, force est de constater que
pour écrire sur un journal il faut au moins avoir un minimum de
maîtrise de la langue. Donc avoir fait un minimum d’études. Vous aurez
donc toujours ce biais. Cela dit, ceci est moins vrais pour les autres
formes d’expression citoyenne que nous essayons de mettre en avant à
savoir les vidéo ou les podcast.