L’école dans notre
république […] se doit d’aider nos jeunes à réussir leur vie.’
Confondre la prêtrise et le métier d’enseignant… c’est
presque une pathologie. Confondre le métier d’enseignant et celui de parent une
mystification.
Ce quasi auto-panégyrisme dispense trop d’illusions pour
être, me semble-t-il, crédible. Lorsqu’on la ramène trop sur ses compétences,
on finit par dénaturer ses propres convictions… Et des convictions, certes, il
en faut pour ‘tenir’ dans ce milieu.
C’est une évidence que le système scolaire en France méprise
et dévalorise les filières techniques ou
manuelles. Mais pas pour des raisons idéologiques, comme le croit
l’auteur de cet article. Pour de simples motifs économiques.
Le motif idéologique s’investit dans la dévalorisation des
études gratuites, donc de l’école publique.
Les causes de la dégradation de l’enseignement public en France sont
malheureusement simples et connues :
1°- Le refus idéologique d’organiser une quelconque sélection dans les
établissements, hormis quelques exceptions ciblées.
A l’heure actuelle dans l’enseignement public en France, il est par exemple
interdit de créer des classes de niveau. Les élèves brillants doivent donc
supporter les élèves en difficulté scolaires et les élèves violents. C’est le
principe de l’« égalité des chances »...et sans doute aussi, pourquoi
pas ... des tempéraments. Alors qu’autrefois grâce aux options il était
possible de sélectionner les élèves en fonction de leur choix de langue (par
exemple Allemand 1ère langue/ ou russe/ou latin), c’est interdit de nos
jours... On saupoudre donc dans les classes un peu de bons élèves avec beaucoup
de moyens et pas mal de carrément retardés. (Je précise que la « droite »
au pouvoir cautionne à 200% ce système).
2°- Ce principe bidon d’« égalité » des chances » dissimule en
fait un argument économique imparable : l’enseignement public
(primaire-collège-lyçée) dit « général » ne coûte pas cher. Cela
coûte bien moins cher par élève que de créer des écoles d’apprentissages
spécifiques dès la classe de cinquième, comme autrefois, ou comme cela se
pratique dans d’autres pays. Un atelier de formation en mécanique, plomberie,
etc., cela revient par élève beaucoup plus cher... et même très cher.
3°-La loi oblige en outre les établissement publics à accueillir les élèves
violents qui ont été exclus dans d’autres établissements. Sans limitations du
nombre d’exclusions. Ce n’est pas le cas pour le privé. Ces élèves évidemment
empêchent leurs camarades de travailler.
4°- Il est particulièrement mal vu pour les directeurs d’établissements
scolaires publics de faire remonter dans les rectorats trop de cas
d’indiscipline ou de violence. Cela montre que l’on est pas capable de
« tenir » ses troupes. Pour pouvoir avancer dans ces carrières, il
faut donc minimiser systématiquement voire nier ces problèmes d’élèves violents
ou attardés ou inadaptés dans l’enseignement de type général. On y est
pratiquement noté au nombre le moins élevé possible de conseil de discipline.
Résultat, on ne vire presque pas, ou alors pour des cas très graves. Le
quotidien des établissement scolaires en France est donc devenu invivable,
d’abord à cause de l’absence de discipline organisée, pour des raisons autant idéologiques
qu’économiques.
L’idéologie démagogique d’une classe d’âge au niveau du bac est donc
largement partagée par l’idéologie libérale qui ne voit dans chaque élève qu’un
facteur coût. Le résultât est donc un pourrissement généralisé du système éducatif
public.
C’est un fait que tout le monde n’est pas capable de courir un 100m en dix
secondes, ou de sauter en hauteur à 2m. Pourtant, les démagogues de
l’« égalité des chances » n’ont jamais cherché à donner des cours de
soutien ou de rattrapage aux élèves en difficulté en éducation physique ou en
technologie. C’est un fait tout autant
que les intellects ne sont pas égaux. La ‘valeur travail’ ne compense
d’ailleurs pas grand-chose. Sinon, il suffirait à tout un chacun d’apprendre la
composition musicale et d’y travailler 10 heures par jour pour créer une œuvre
géniale. Ce n’est pas le travail qui fait Beethoven. Mais Beethoven, je ne
l’aurais certainement pas choisi comme boulanger. Un boulanger est pourtant
tout autant ‘utile’ que Beethoven.
J’ai connu des élèves extrêmement brillants être ‘démolis’
par ce système, non pas par l’institution scolaire en elle-même, mais bien par
leurs camarades, parce que lorsque l’on est noir et un élève brillant dans
certains quartiers, de très nombreux ‘quartiers’, cela se paye très cher…
C’est la sélection au mérite qui a crée la qualité du
système scolaire en France depuis des générations, que ce soit dans
l’enseignement général ou dans les filières ‘manuelles’ ou d’apprentissage.