Voilà ce que l’on trouve sur le site Civitas, avec renvoi à un célèbre sermon du cardinal Pie (1841) : "Quand la Vérité est connue, elle est nécessairement intolérante. La
tolérance est un auto anéantissement, car la Vérité ne peut pas
coexister avec sa négation. La vérité religieuse étant la plus absolue
et importante, elle est par là même la plus intolérante« . Je dis simplement que cette conception de la vérité religieuse est incompatible avec la notion de christianophobie, qui implique la reconnaissance que les chrétiens doivent être respectés au même titre que les autres communautés, non en tant que détenteurs d’une vérité intolérante bien sûr, mais en tant que communauté, minoritaire de surcroît, égale en droit aux autres communautés. Cela me permet d’affirmer l’existence d’un double langage, dont je dis qu’il s’impose à quiconque est en désaccord avec ce que j’appelle le discours dominant. Autrement dit, ma remarque est valable, indépendamment de la couleur politique des acteurs-locuteurs considérés. C’est en quelque sorte une constatation anthropologique : dès que l’on veut s’exprimer publiquement, on est toujours confronté à un discours dominant que l’on ne peut ignorer, et avec lequel on ne peut pas ne pas négocier, si l’on est en désaccord avec lui. Ce n’est que par cette négociation et donc ces compromis que l’on est susceptible de se rendre acceptable, lorsque l’on a des choses à dire que l’on croit difficilement acceptables. Civitas sait qu’il est devenu très difficile d’invoquer publiquement »l’intolérance chrétienne", et même impossible dès lors que l’on que l’on revendique pour soi-même une tolérance que l’on affirme bafouée. Ce type de contradiction n’est certes pas une spécificité de la droite ou de l’extrême droite, ni de notre époque, ni de notre société.